jeudi, 19 juin 2008

Etre jeune ajourd'hui en France

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Lors de l'un de mes concours, j'ai eu à réfléchir sur le thème de société suivant: qu'est ce qui caractérise les adolescents d'aujourd'hui? Evidemment, en 3h et 400 mots, mon article a forcément été limité. Mais le sujet m'a interpellé, et c'est pourquoi j'ai envie de pousser un peu plus loin la réflexion.

La jeunesse, on l'entend souvent, est l'avenir de notre monde présent, et par conséquent elle constitue un enjeu majeur. Or, aujourd'hui, je n'ai pas l'impression que cette tranche d'âge soit réellement prise en compte. Incompréhension, préjugés, stigmatisation sont les réactions les plus courantes face aux jeunes d'aujourd'hui, responsables en partie d'ailleurs de ce problème. 

"Ah, de mon temps...", ce n'était pas comme ça, ça ne se faisait pas, c'était mieux avant... Qui n'a jamais entendu cette petite phrase anodine et pourtant assassine? L'idée n'est pas nouvelle puisque Platon déjà soulignait l'incompréhension des anciens face aux comportements des plus jeunes et les conséquences terribles que cela pouvait avoir:

“Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les Maîtres tremblent devant les élèves et préfèrent les flatter,
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne voient plus au-dessus d’eux
L’autorité de rien ni de personne, alors, en toute jeunesse et en toute beauté, c’est le début de la tyrannie."

 N'est-il pas extrêmement actuel, ce texte?

 Dans la société d'aujourd'hui, où cet entre-deux dure de plus en plus longtemps tout en étant de moins en moins encadré, qu'est-ce qui caractérise les adolescents? Sont-ils vraiment différents de ceux d'hier, ou est-ce les nouvelles possibilités offertes par le monde qui les entoure qui ont changées, leur inculquant de nouvelles moeurs? 

De fait, les nouvelles technologies jouent un rôle extrêmement important dans la vie sociale d'un ado d'aujourd'hui - pas seulement dans la vie des ados, évidemment, mais ces derniers ont pris l'habitude de ces moyens de communication dès leur plus tendre enfance, ils sont quasimment nés avec un clavier et une souris à la main. Pour eux, cette culture de la communication virtuelle est normale. Ils n'ont sans doute jamais écrit de lettres, rien que des mails. Constamment en contact avec le monde entier, que ce soit par le biais de leurs téléphones portables ou d'Internet, l'adolescent a besoin de se sentir connecté en permanence. Demandez-leur de partir deux jours dans un endroit paumé, sans réseau ni connexion internet, et vous verrez... Une multitude de nouveaux moyens de communication a ainsi été créée pour cette nouvelle cible marketing, comme MSN Messenger, Skyblog, les SMS... Autant de médias dans le sens premier du terme qui permettent aux ados de se montrer, d'exister dans une société fondée sur l'apparence. 

Cette primauté du paraître sur l'être se retrouve aussi dans l'importance extrême accordée au "look", aussi bien par les garçons que par les filles. Il suffit de faire un tour dans un lycée pour le comprendre. Le style vestimentaire se rattache souvent en effet à une identité, styles musicaux ou idées politiques. Ce n'est pas nouveau, mais le phénomène s'est accru. J'ai rencontré un jour un jeune garçon de 18 ans qui avouait passer 4h dans sa salle de bain et devant son armoire avant chaque soirée... J'ai trouvé ça dingue, et dieu sait pourtant que je ne suis pas non plus des plus rapides pour me préparer!

L'importance majeure accordée au paraître induit certains comportements que je trouve très contestables: ainsi par exemple, la valeur travail n'existe plus chez les jeunes. Au collège, voire au lycée, pour être respecté, c'est mieux d'être un élève moyen, voire mauvais. Quelqu'un de curieux, qui pose des questions en classe, qui fait son travail et qui s'investit -croyez en mon expérience- est souvent mal vu. Le siècle des intellectuels, comme l'affirme Michel Winock dans son livre du même nom, est bel et bien enterré. La valeur majeure, aujourd'hui, c'est la réputation. Et pour cela, beaucoup sont prêts à tout. On constate ainsi une forte hausse de la consommation d'alcool, et chez des ados de plus en plus jeunes. Boire une bouteille de vodka à 12 ans, c'est loin d'être normal. L'ivresse rapide est devenue une véritable mode, à tel point que les fabriquants proposent même des produits adaptés à cette nouvelle clientèle - qui d'ailleurs ne devrait pas en être une: la vente d'alcool est toujours interdite aux mineurs, à ce que je sais... - , produits très sucrés pour masquer le goût de l'alcool, pourtant bien présent. Ce qui évidemment est grave. 

Le concept du "happy slapping" fait également partie de ces nouveaux comportements très alarmants. Dans la lignée des jeux dangereux, il consiste à provoquer un passage à tabac et à le filmer sur un téléphone portable. Comment peut-on faire ça? Je me demande où est passée l'innocence heureuse de l'enfance...A 12-13 ans, je jouais encore comme une enfant avec ma soeur, je n'avais aucune conscience du malheur, je lisais des vieux romans d'aventure, Jules Verne, Maurice Leblanc, Alain Fournier... Est-ce moi qui ait été particulièrement protégée? Sans doute. Mais je ne peux m'empêcher de penser que ce n'est pas uniquement ça. 

Loin de moi l'idée de revenir à une éducation stricte, de jouer les rabats-joie, ni même d'affirmer que boire de l'alcool c'est maaaal (je suis mal placée pour le dire, mais moi, je n'ai plus 12 ans). Simplement, je ne peux que constater autour de moi, à chaque fois que je prends le bus ou que je me promène en centre ville, qu'il y a une véritable perte des valeurs. Ou alors c'est moi qui ne suis absolument pas en phase avec la société - et ça ne serait pas nouveau.  En tout cas, je m'interroge beaucoup sur la jeunesse d'aujourd'hui. J'ai absolument conscience de faire partie d'une génération un peu paumée, qui a du mal à trouver sa place. Et qui du coup est désabusée sur l'avenir. 

 

mercredi, 18 juin 2008

Football, le nouvel opium du peuple?

france.jpgA l'heure où sonne le glas de l'Euro 2008 pour l'équipe de France et où un pays entier, centré autour de quelques joueurs, est déçu ;  il me semble légitime et significatif de s'interroger sur la place que tient le football dans nos sociétés. N'étant somme toute qu'un jeu, il reste toutefois LE jeu, celui que tout un chacun connaît, celui qui fait le plus parler de lui.

Football : "langage universel" pour certains, nouvel "opium du peuple" pour d'autres.

Une culture spécifique

 Il suffit de se rappeler la grande époque française de 1998 pour comprendre à quel point le football génère une culture entière à lui seul. L'euphorie qui régnait alors avait fait se réunir une multitude de Français et Françaises, tous différents, autour d'une joie commune. C'est sans doute à partir de ce moment-là que le football a su élargir sa cible et toucher  vraiment non seulement les hommes, mais aussi les femmes et les jeunes ; non seulement les personnes de milieu populaire, mais aussi les plus aisés. Je me souviens, en 1998 j'avais 12 ans. J'étais fière de regarder les matchs avec mon père. Il m'expliquait le jeu. J'avais un poster de Ronaldo au-dessus de mon lit. Oui, je ne soutenais pas la France, j'étais déjà anti-conformiste... En tout cas, qui n'a jamais chantonné "We will rock you" ou "We are the champions"? Qui n'a jamais bu une bière en regardant un match à la télé avec des copains? Qui ne s'est jamais senti gagné par la fièvre du foot? Même les publicités jouent de cette popularité: en témoigne cette pub, vue avant chaque match, où deux hommes complètement opposés se sautent dans les bras l'un de l'autre pour fêter un but de leur équipe. Il s'agit de jouer sur l'aspect unificateur du football: rien ne réunit ces hommes, à part leur soutien commun à une équipe. 

 Malheureusement, le foot est loin d'être aussi lisse et joli que le pays de Casimir. S'il réunit des milliers d'individus différents autour d'un même ballon rond, malheureusement on ne peut guère affirmer qu'il est un hymne à la tolérance. Il suffit de se rappeler l'affaire de la banderole de supporters du PSG à propos des gens du Nord...Ou encore les nombreuses et déplorables affaires de racisme qui défrayent la chronique régulièrement.

Le supporter est un pur produit de cette culture du foot. "Le supporter, le vrai, le vulgaire supporter qui crie, qui gueule le long de la touche est une inconsciente victime de la folie du football. Mais c'est en même temps un être bizarre autant que dangereux, d'abord parce qu'il ne supporte rien... contre son club et que le club aura beau faire, jamais il parviendra à se débarrasser de cette pieuvre qu'on nomme supporter. " ( extrait de Football et sports athlétiques du 12 novembre 1910 ). Déjà en 1910 semble-t-il les supporters étaient les mêmes! Impressionnant. 

"Panem et circenses" du pain et des jeux. 

Je ne peux m'empêcher de penser aux Jeux de l'Empire romain, quand je vois l'agitation fébrile qui entoure chaque championnat de football. Ne serait-ce pas là un moyen de divertir le peuple? Divertir, mot qui vient de divertere, soit " se tourner de côté". Autrement dit, le football ne serait-il pas un moyen de concentrer l'attention d'une bonne partie du peuple sur autre chose que l'essentiel? J'aime bien le foot, j'aime regarder les matchs de temps en temps, et j'aime la bière et la culture populaire. J'adore regarder un bon match, à la terrasse d'un café, avec un demi sous la main et entourée par plein de monde dans la même ambiance. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Simplement, le football devient tellement une culture de masse que ça me fait peur, comme tout ce qui l'est.  Le football est peut-être un retour à l'évergétisme [ne vous en faites pas, moi non plus je ne connaissais pas ce mot deux minutes auparavant, mais il qualifie exactement ce que que je pense],  terme dérivé du grec signifiant littéralement "je fais du bien". Les Jeux romains formaient l'évergètisme du quotidien: il était de bon ton que les plus riches fassent profiter la collectivité de leur richesse. L'empereur était évidemment le premier des évergètes, et se donnait bonne conscience en organisant les Jeux du cirque. Ce qui permettait de divertir le peuple, qui dès lors ne protestait plus pour un oui ou pour un non. Or, chacun sait qu'aujourd'hui l'humeur est à la grogne. Le football n'est-il pas un bon moyen de faire passer la pilule en divertissant les esprits? 

J'exagère sans doute, et il est bon de remettre le football dans son contexte, à savoir, un jeu. Toutefois très politico-économique, le jeu.  

 

mardi, 17 juin 2008

La presse et la blogosphère

 

La blogosphère, un nouveau continent à conquérir? C'est en tout cas ce que semble penser la presse. De plus en plus de journaux investissent en effet ce nouveau média. Parallèlement à leur version papier, ils s'ouvrent une vitrine sur Internet afin d'attirer un nouveau lectorat. Ces pionners du webjournalisme n'hésitent pas à varier les genres et à transgresser les règles du journalisme traditionnel, comme la neutralité du journaliste. Mais peut-être l'attrait des blogs réside-t-il justement dans leur audace à s'aventurer sur un terrain encore vierge, ce qui permet d'inventer une forme nouvelle de journalisme? Que l'on y parle d'actualité, de sports, ou de loisirs, voire que l'on y dévoile les coulisses de la rédaction d'un journal, un blog est de toute évidence très différent des médias traditionnels. Transgressant la règle d'objectivité à laquelle sont habitués les journalistes, les blogs suscitent dès lors un questionnement interne à la profession. De nombreux journaux s'efforcent de transposer un certain nombre de règles en adaptant les principes éthiques du métier. Mais un blog doit-il se contenter de refléter la presse existante, ou peut-il la dépasser, la compléter, avec tous les risques et débordements que cela peut générer? Le style spontané et rapide du blog ainsi que son interactivité ajoutent un défi au journalisme en ligne. Les lecteurs peuvent en effet réagir directement, et participent ainsi à l'élaboration de ce journalisme du XXIème siècle, qualifié parfois de journalisme-citoyen. Mais la question est de trouver le juste équilibre entre professionnels et amateurs de l'information. Il s'agit, pour lutter contre l'infobésité, de faire le tri entre le bruit et les messages.

 

[synthèse de document - épreuve d'admissibilité en DUT journalisme de Tours]

mercredi, 09 janvier 2008

Horoscope, mon horoscope, dis moi qui est la plus belle!

[réedition d'un article écrit en 2006]
 
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La Psyché se mire et s’admire

Début d'année, et comme pour chaque début d'année, les horoscopes, tarots de l'amour, médiums et voyants en tout genre clignotent en rose bonbon sur chaque page de magazine ou d'ordinateur. Impossible de rechercher tranquillement sur Google comment perdre un peu de poids pour la nouvelle année sans vous faire agresser par ces horribles publicités à fond étoilé " Cristina vous offre votre voyance gratuite: que vous réservent les astres pour 2006? amour, travail, santé, famille, argent, sachez tout ce qui vous attend"  ou "Maxime, votre voyant, (entre parenthèse, première nouvelle) et son équipe de spécialistes vous dévoilent le secret des planètes". Bref, la folie des débuts d'année passe obligatoirement par cette débauche de rêves étoilés et de promesses.

 Pourquoi ça marche

Tout d'abord, il faut remarquer que ces prophètes modernes visent un public bien précis: pourquoi ces pubs s'affichent toujours lorsque vous cherchez comment maigrir sans faire de sport, les produits de maquillages les moins chers de tout internet, ou encore les potins des stars hollywoodiennes? Pourquoi, quand vous allez chez le gynéco, vous tombez obligatoirement dessus? Pas besoin de possèder l'intelligence légendaire de Paris Hilton pour comprendre que ces études du ciel s'adressent à un public crédule, c'est-à-dire, selon les rédacteurs en chef de Cosmo ou Closer, les jeunes femmes de 15 à 35 ans, plutôt riches, belles et résolument modernes. Décidées à prendre leurs vies en mains, elles consultent donc chaque jour leur horoscope. Ainsi, elles sauront avec certitude quel moment de la journée est le plus favorable pour embrasser Brian, le nouveau brun aux yeux verts si craquant, ou comment annoncer avec délicatesse à Papa-Maman que leur compte en banque a été vidé chez Prada.

Et oui, vous l'aurez remarquer (de façon très perspicace), ces diverses promesses n'annoncent que chance, amour, joie et réussite : «Venus est en harmonie avec votre Mercure natale : Les astres protègent votre excellente humeur, et c'est une belle journée qui s'annonce! Vous serez irrésistible et inspirerez confiance à votre entourage. Cette humeur vous va si bien… »  Dès lors il ne faut pas aller plus loin pour comprendre que ça soit intéressant: qui oserais dire qu'il n'aime pas s'entendre annoncer milles merveilles? Et si difficulté il y a, elle reste mineure, facile à contourner : « Saturne est en harmonie avec votre Saturne natale : Des retournements de situations sont à prévoir. Votre aisance vous aidera à vous accommoder de toutes les situations et vous saurez en tirer partie. »Bref, ces horoscopes sont du bonheur en sachet, et beaucoup moins dangereux que la drogue.

 Or, on ne peut ignorer que la société, l'Europe, que dis-je, l'humanité va mal! Les journaux nous le proclament, la télé nous l'assène, la radio nous le répète.On se replie donc sur sa vie privée. Dans ces conditions, vous reprendrez bien une petite tranche de bonheur assurée via horoscope quotidien?

 Pourquoi c'est bidon

Vous êtes bélier ? Moi aussi !! Alors, notre journée devrait être placée « sous le signe de la Lune et devrait être favorable aux bonnes relations, que ce soit à un niveau social ou intime. Vous serez à même de donner de votre personne et de nouer de nouveaux liens. Sachez saisir les opportunités ! » Quoi ?? On va avoir la même journée, alors…

 Plus tard, vous vous apercevez bien sûr avec lassitude que votre journée différe gigantesquement de celle de votre copine X. puisque, en parlant de nouer de nouveaux liens, vous avez renversé votre café sur le costume du nouveau chef tandis que X. a rencontré son nouveau compagnon de lit. Quant à donner de votre personne, en effet, on peut dire ça après avoir passé 10h à organiser les rendez-vous de votre chef rendu hargneux par la tache de café s’étalant majestueusement sur son costume neuf, tandis que cette veinarde de X., après avoir rencontrer sa nouvelle conquête, a bel et bien donner de sa personne… dans le sens premier du mot.

 En somme, ces horoscopes qui vous promettent monts et merveilles, ils s’appliquent surtout aux copines !

Et quand, par chance, ou hasard, ça tombe juste…c’est que la prédiction était tellement vague que votre horrible voisin binoclard aurait pu vous la faire. Ou, plus probablement, vous vous être trompée de signes, et vous avec lu l’horoscope de Mlle X- la- chanceuse.  

 Pourquoi c'est marrant

Malgré tout, vous continuez à lire l’horoscope. Pourtant désormais, vous savez que cela s’adresse aux femmes modernes, indépendantes, blondes, riches et dont les jambes mesurent plus de 1m50, catégorie à laquelle vous n’appartenez pas. Vous savez aussi que c’est complètement bidon, puisque les promesses annoncées ne sont jamais tenues (du moins dans votre cas).

 Alors, pourquoi le lire ?

Parce que ça vous fait rire. Quoi de plus drôle en effet que « La lune est en harmonie avec votre Saturne natale : Aujourd'hui, vous éprouverez un profond besoin de stabilité et c'est vers vos proches que vous vous tournerez. Vous semblez à la recherche d'un équilibre que vous trouverez certainement dans le cocon familial. », et cela alors que vous ne vivez plus chez vos parents depuis belle lurette, et que de toutes les façons, vous ne supportez plus les repas en famille à cause de l’oncle Gérard qui vous lorgne un peu trop. Quel « cocon familial » en effet !Quant à éprouver un profond besoin de stabilité dû à l’harmonie de la Lune et de Saturne, oui, maintenant vous vous souvenez que cela fait presque une semaine avec le même homme : quelle stabilité !

En somme, la fonction majeure de l’horoscope, c’est d’être lu sur la plage avec une bande de copines bronzées et gloussantes. « Mercure est en harmonie avec votre Mercure natale : Intimement parlant, de nouvelles relations se dessinent, et stimulent votre vie affective. Vous trouverez dans le dialogue et la complicité, l'équilibre et le bien-être. » : Ah ah de nouvelles relations se dessinent , je me disais bien que le surfeur arrêtait pas de te regarder, là bas ! …Tu crois ? Je vais lui parler ?... Mais ouiii, regarde, tu trouveras le bien être dans le dialogue : Fonce ! 

En guise de conclusion, il suffit de regarder la conjoncture de Vénus et Mars pour savoir que dans avenir proche vous allez être "heureux-scopes"!!

samedi, 06 octobre 2007

To know or not to know?

Le savoir n'est plus un prestige ni même une valeur. L'ignorance ne provoque plus la honte et l'opprobe.

 Je viens de lire ces idées dans le Télérama de cette semaine, au sein de leur enquête sur la télévision. Et tandis que j'étais tranquillement en train de petit-déjeuner, un sentiment de révolte s'est emparé de moi. 

Non, je refuse de penser que savoir n'est pas une valeur. En arriver à être fier de son ignorance, c'est le paradoxe de notre société. Aujourd'hui, qu'y a-t-il de plus cool pour un jeune que de sécher régulièrement les cours pour se saouler, draguer, fumer, rire à des blagues débiles et grasses? Pour être bien vu, il faut désormais en arriver là. Et je ne peux pas l'accepter. 

Aujourd'hui, on a justement réussi à mettre le savoir à la disposition de tous, et non plus seulement à celle d'une élite dirigeante. Il faut en profiter !  On nous donne l'opportunité d'apprendre, de connaître, de questionner, de voyager, d'expérimenter... Le monde nous est ouvert! De nos jours, on peut réellement nourrir une soif intellectuelle: on a tout à portée de main! Les majestueuses bibliothèques classiques demeurent, mais complétée d'Internet, de la télé, de la possibilité de prendre un avion et d'être en quelques heures à l'autre bout du monde pour vivre l'expérience de la différence...

Comment peut-on tourner le dos à cette richesse? 

J'en ai plus qu'assez de voir, partout autour de moi, des gens - dois-je dire des jeunes?- qui s'en foutent, qui sont même incapables de citer la date de la prise de la Bastille ou qui ne savent pas qui est Rousseau, et qui en sont fiers. Le pire n'est pas qu'ils ne savent pas, le pire est qu'ils ne veulent pas savoir. Savoir, c'est passé de mode. 

Et j'en ai plus qu'assez d'entendre les générations précédentes se lamenter sur les jeunes d'aujourd'hui, et d'admettre en mon for intérieur qu'elles ont peut-être raison. 

Je tiens juste à dire qu'on est pas tous comme ça. Il existe encore des jeunes qui tiennent le savoir et la culture pour deux valeurs suprêmes, qui sont curieux de connaître et d'apprendre, et qui aiment ça. Et qui en sont fiers, quitte à être méprisé par les jeunes cool. Et qui, d'ailleurs, aiment eux aussi faire la fête, sortir, boire, fumer, draguer, tous ces divertissements inhérents à la jeunesse. L'un n'empêche pas l'autre.

A lire sur ce sujet : Moi, Charlotte Simmons, de Tom Wolfe. Très bon roman sur le monde étudiant.

lundi, 01 octobre 2007

Il était une fois...

Le Prince Charmant
 
(pas beaucoup de temps aujourd'hui : réédition d'un article écrit le 09-01-06)
 
 
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Depuis notre tendre enfance, une époque où nous étions encore innocents et naïfs avec un cerveau malléable à souhait, on nous rabache la théorie de l'existence d'êtres imaginaires: le Père Noël, la Petite Souris, le Dahu, les Sorcières et les Grands Méchants Loups, les Ogres, les Souris Vertes, les Fées, le Père Fouettard... et parmi tout ce fatras incommensurable, le Prince Charmant et la Princesse.

Or, qui croit encore à un vieux bonhomme habillé de rouge et de fourrure toute l'année? à une souris qui fait un trafic de dents? à une bestiole qui a des pattes plus courtes que d'autres? à des vieilles femmes qui mangent de crapauds et volent sur des balais? à des loups qui parlent et se prennent pour des mère-grands? à des géants qui ont des bottes de sept-lieues? à une souris qui se change en escargot tout chaud? à des jolies marraines qui n'ont que ça à faire de transfomer des souillons en princesses? à un horrible rouquin qui frappe les méchants enfants?

Pourquoi dans ce cas ne pouvons-nous nous empêcher de croire, inconsciemment un tout tout petit peu bien caché tout au fond de nous, au Prince Charmant et à la Jolie Princesse?

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L'homme, un être seul mais pas solitaire

"Mieux vaut être seul que mal accompagné". Tout le monde s'est déjà répéter et re-répéter cette phrase en apparence anodine, un soir de déprime où l'on se trouve seul sous sa couette, alors qu'on aurait pu être avec Rodolphe, qui certes ne correspond pas tout à fait à ce que l'on cherchait, mais....Mais non, mieux vaut être seul que mal accompagné, mieux vaut être seul que mal accompagné, ne cèdons pas!! "Résiiiiste, prouve que tu existes!!" Car en effet Rodolphe, avec son appareil dentaire, ses chemises à carreaux qu'on dirait des mouchoirs,sa frange et sa culture limitée au ballon rond, est loin, même très loin, du Prince Charmant promis par Papa-Maman quand on était petite fille.

Car c'est bien ça le problème: Pourquoi se morfond-t-on seul sous sa couette? Parce que Papa-Maman nous ont promis un Prince ou une Princesse, un mariage somptueux et un amour éternel avec beaucoup d'enfants. Ils auraient mieux fait de réfélchir à notre bonheur futur avant de dire ça...

Evidemment, tout le monde ne rêve pas d'un idéal si vieux jeu -on ne vit tout de même plus au temps des chevaliers. Mais la plupart des gens rêve d'un compagnon/compagne idéal(e). Plutôt beau, drôle, tendre, attentionné, intelligent, compréhensif, gentil, honnête, fidèle, riche, souriant, musclé, un peu artiste...faut bien ça pour ne pas être seul sous sa couette. Même si c'est juste pour un soir, la course désespérée aux Princes et Princesses est universelle et intemporelle.

C'est pourquoi des pauvres types comme notre ami Rodolphe n'ont aucune chance!  Du coup, eux aussi se morfondent seuls sous leur couette, avec pour seule compagnie une cassette vidéo... Résultat: tout le monde reste dans son coin à rêver à l'être idéal -celui qui n'existe pas. L'homme est donc un être seul, mais qui n'est pas fait pour vivre en solitaire. Paradoxe innérent à cette stupidité de Prince Charmant.

La course au Prince Charmant est épuisante......et désillusoire

Guillaume, grand brun aux yeux verts de 25 ans, ne portant pas de bague au doigt, le menton volontaire et la dentition parfaite, vient d'arriver dans l'entreprise. Immédiatement, l'été est arrivé avec trois mois d'avance: toutes les secrétaires ont sortis leurs mini-jupes et décolletés. C'est à celle qui sera la plus voyante: rouge à lèvres, vernis et ongles manucurés jusqu'au petit orteil, brushing parfait, cheveux lissés, mascara réapliqué toutes les 2 minutes, blush, fards, colliers clinquants, sourires pétillants, et surtout surtout, yeux furetants. Car tout information sur le dénommé Guillaume, Prince Charmant de profession, est bonne à prendre.

La compétition est rude au sein de l'entreprise. Les secrétaires, autrefois amies et commères liguées contre un ennemi commun, se font désormais la guerre entre elles. Autour de la machine à café, la tension rôde. Les verres renversés "malencontreusement" sur une trop jolie et trop voyante poitrine ne sont pas rares. La femme est devenue une louve pour la femme. C'en est fini de la solidarité féminine, "chacune pour soi" semble être devenue la nouvelle politique de l'entreprise. Malgré les pertes de temps de travail passé les yeux fixés sur notre ami le Prince Guillaume, ou dépensé à chercher comment évincer de la course une (trop) charmante collègue, l'entreprise ne souffre guère, car dès que Guillaume est dans les parages, chaque secrétaire fournit le double de son travail de façon à attirer au maximum son attention.

Mais Guillaume semble voguer au dessus de ce remue-ménage avec sérénité et insouciance. Rien ne paraît le toucher, et il semble ignorer chacun des regards appuyés, chacun des sourires enjôleurs et des jambes croisées-décroisées qui se trouvent sur son passage.

Mais qu'à donc notre Prince Charmant?

Epuisées par une lutte incessante qui ne portent décidemment pas ses fruits, les secrétaires ressortent leurs jeans et leur complicité. L'ambiance est nettement meilleure et toutes prennent de nouveau plaisir à aller travailler (ce qui consiste à raconter les meillleurs potins possibles). Les sourires enjôleurs et les attaques de cafés fous diminuent. La fin de l'année approche, et avec elle, la fête ou chacun peut amener son conjoint. Résignées, les secrétaires se sont rabattues sur ce bon vieux Rodolphe et ses copains. Entre elles, les commérages vont bon train sur la magnifique créature que Guillaume ne manquera pas de dévoiler à la soirée de l'entreprise.

Le Grand Soir arrive. Le champagne coule à flot, les secrétaires sont plus clinquantes et tout en jambes et décolletés que jamais. Le chef de l'entreprise est venu avec sa femme et son traditionnel collier de perles. Il fait un discours très démagogique, félicite tout le monde pour le profit de l'année. Mais aucune des secrétaires n'écoutent: toutes ont le regard fixé vers le fond de la salle, malgré Rodolphe et Cie qui essayent de les entrainer sur la piste de danse.

Au fond de la salle, Guillaume. Dans son costume gris perle et sa chemisette rose, il est plus beau que jamais. Il tient négligemment, avec une classe nonchalante, un verre de champagne à la main. Il sourit, et ses dents étincellent. Il a l'air terriblement heureux. Et très amoureux.

A côté de lui, un homme.

Moralité

Rien ne sert de chercher un Prince

 Chez un homme beau, grand et mince.

Vous sèmerez la zizanie

sans en tirer de profit.

Au moins avec Rodolphe

Vous irez tout les week-ends jouer au golfe

et ne dépenserez plus votre monnaie

en de bien vains attraits.