mercredi, 13 février 2008

Mano Solo 3

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mardi, 12 février 2008

Mano Solo 2

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Toujours dessin de moi, photo de Lory

lundi, 21 janvier 2008

Une journée sous la neige

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[Nouvelle - 22 janvier 2007]

* à écouter en lisant*

Ce matin, la neige avait tout inondé. Chaque tuile de chaque toit, chaque trottoir, chaque lampadaire jauni et jusqu'à chacune des branches des arbres rachitiques en dégoulinait.  La ville ne faisait plus aucun bruit, ce qui était assez rare pour être remarqué, surtout en semaine où les ronronnements des moteurs s'entendaient constamment. Oh, la couche n'était pas épaisse, elle ne tiendrait probablement pas la journée. Mais c'était la première neige de la saison, tardive cette année. Les enfants l'avaient guetté en vain pour Noël, toutefois ce cadeau-là n'avait pas été offert, et ils avaient dû ranger leur luge en désespoir de cause. Cependant voilà qu'elle était là, inattendue après la clémence de l'hiver, gelant les bourgeons trop précoces. C'était une neige citadine, urbaine, une pauvre neige grisâtre et déjà fondante sous le sel et les giclures sales des rares voitures de l'aube. C'aurait été tellement différent à la campagne, où alors le paysage entier aurait fait corps avec les flocons, et serait devenu une douce couverture vallonnée à perte de vue. Mais la ville engloutissait la neige comme elle engloutissait chaque chose, sans plus rien de naturel. Les quelques minutes, une heure, pas plus, de blancheur -certes maculée, mais pas encore usée - auraient bientôt disparues pour céder le pas à des journées de boue. Oui, la ville salissait tout, y compris les hommes, pensa P. à sa fenêtre. Elle était le lieu de tellement de bruits, de fumées, de méchancetés. P. se dit tout de même qu'elle avait une vision bien pessimiste des choses ce matin-là. Elle était elle-même étonnée de ses humeurs depuis quelques temps - bien qu'au fond elle sache pertinemment quelle en était la raison. Même en ville, la neige aurait du rester pour elle ces si petites étoiles blanches que lui avait montré son grand-père, quand elle habitait encore loin d'ici vers le Nord. La neige était alors quelque chose de si naturel. En réalité, elle s'aperçut que ce n'était pas la neige qui avait changé, mais sa façon de la percevoir. Désormais, en tant que citadine, la neige signifiait bouchons, glissades, problèmes et pantalons souillés. Elle regretta soudain la simplicité de sa vie d'avant. Cependant, ce n'était plus le moment de baîller aux corneilles, en chemise de nuit devant la fenêtre glaciale. P. referma le battant en grelottant. Depuis combien de temps regardait-elle tomber la neige? Décidemment, ces derniers temps, elle n'était plus elle-même. Elle se dirigea vers la salle de bains, mit de l'eau sur le gaz au passage, et se réchauffa sous une douche brûlante. Elle effaça d'une main la buée sur le miroir, croisant au passage son regard - celui d'une étrangère, pensa-t-elle. Parmi les gouttelettes qui renaissaient déjà, elle se contemplait en vain. Qui suis-je? semblait demander ce reflet.  P. , à force de se regarder trop longtemps au fond des yeux, eut le vertige de ne pas se reconnaître. Que suis-je devenue? Suis-je encore moi?. Elle détourna vivement la tête, prit une serviette et se frotta vigoureusement les cheveux. D'un geste sec, elle se redressa, noua la serviette sur sa tête et sortit, sans un regard de plus pour le miroir. Elle arrêta le gaz et se prépara un café fumant avec l'eau désormais brûlante. Elle alluma une cigarette d'un paquet traînant sur la table - sale habitude de citadine, se dit-elle. Il faudrait qu'elle pense à arrêter. Surtout maintenant. Pensive, P.  tourna de nouveau les yeux vers sa fenêtre, lumineuse de tant de blanc alentours. Quelques instants après, elle se retrouvait dans la rue, emmitouflée dans son écharpe. Elle ferma la porte avec difficulté - manier ses clés avec des moufles, quelle idée. Encore une fois, elle n'avait pas manger avant de partir, pourtant elle savait que ce n'était pas recommandé. Elle n'avait pas de nausée, mais elle n'avait pas faim, elle qui pourtant dévorait comme un véritable loup - mais ça, c'était avant. Qu'est ce qui m'arrive?  P. s'intima l'ordre de ne plus laisser libre cours à ses pensées, elles étaient décidemment trop envahissantes ces derniers temps.  Elle glissa sur la neige fondante, maladroite dans son gros manteau vert. Prudente déjà, elle eut peur de ne pas pouvoir se rattraper, agrippa du bout des doigts un lampadaire et se redressa lentement. Ouf. Peut-être que finalement elle ne s'en fichait pas complètement, de se faire du mal - mais était-ce vraiment pour elle qu'elle faisait attention? Cahin-caha, elle continua son chemin, contournant les tas de neige sur les trottoirs, poussés là par quelque pelle matinale. Complètement transie, P. finit par arriver à son travail, en retard à force de précautions pour ne pas tomber. "Salut !" s'exclama joyeusement son amie et collègue M. en faisant claquer une bise sur chacune de ses joues gelées. "Oh la la tu es glacée ! Viens donc prendre un café, il faut ab-so-lu-ment que je te raconte mon week end!" déversa-t-elle en tirant P. vers la machine à café. Comme d'habitude, M. était débordante d'energie. C'est ça que j'admire chez elle, pensa P. en son for intérieur. Même si, en des jours comme celui-ci, elle avait bien du mal à suivre le flot de paroles de son amie. C'était comme si en elle-même il y avait un flux tiède de pensées, indépendantes de son esprit, qui allait et venait dans sa tête sans qu'elle puisse l'en empêcher. Elle se laissait porter par le courant, un peu perdue de toutes ces interrogations nouvelles, qu'elle avait jusqu'alors complètement ignorée. Pourtant, tant d'autres ont dû passer par là avant moi, comment ai-je pu ne jamais en entendre parler? se demanda P. Tant d'autres femmes ont connues cet état nouveau qui fait que l'on est plus jamais celle que l'on connaissait. Pourquoi n'en ai-je jamais rien su? "Dis, tu m'écoutes ou quoi?" la coupa M. "Oui, oui, désolée, je suis un peu mal réveillée aujourd'hui", s'excusa P. "C'est la neige qui te met dans un état pareil? T'as l'air toute bizarre!" . P. passa sa journée de travail à ressasser ces paroles. Etait-ce la neige? Elle savait bien que non. Surtout que comme prévu, celle-ci avait fondu, ne laissant derrière elle que des déceptions enfantines et des gouttières dégoulinantes. Elle sentait bien que cet état d'agitation intérieure n'avait rien à voir avec la neige, bien qu'elle aimât particulièrement ces journées d'hiver blanc qui lui rappelait ses origines. Quelques flocons clairsemés continaient de tomber, et fondaient en touchant le sol, ne vivant fugacement que dans l'espace si provisoire qui s'étend entre ciel et terre. P. les regardait en pensant à de minuscules étoiles. Des étoiles filantes, qui n'existaient que pour mieux mourir, traversant et illuminant l'espace de leurs millions de branches étiolées. Je ne suis plus moi-même - plus seulement moi-même. Elle pensait à tout ce que cela allait impliquer de changements dans sa vie. En suis-je vraiment capable? Seule? P. pianotait distraitement sur son clavier, perdue dans ses lointaines pensées. Au dehors, le silence assourdi de ce matin n'était plus qu'un souvenir, déjà la ville avait repris le dessus sur la nature. Le bruit des voitures traversait les vitres de son bureau. P. pensa à son village, si loin au Nord. Et si j'y retournais? Et si c'était là-bas que je devais aller? Dans la rue, un crissement de pneus la fit sursauter. P. se leva de sa chaise, faisant les cent pas dans son minuscule bureau. Ces pensées en suractivité l'empêchait de rester tranquillement assise, sans cesse elle ressentait le besoin de se lever. Elle ouvrit la fenêtre, respira l'air froid. Toutefois, elle la referma bien vite. L'air sentait le gaz d'échappement. P. eut l'impression de n'être plus qu'une de ces particules de puanteurs, elle aussi dominée, engloutie par la ville dont elle avait pourtant tant rêvé. Elle reçut comme une déflagration en plein visage, mais c'était loin d'être dû à l'air glacé. Par un subi détachement de son corps et de son esprit, P. se vit, là debout, si minuscule et inexistante à la fenêtre de ce bureau, simple rectangle lumineux parmi les nombreuses ouvertures d'un immeuble au milieu des milles et un gratte-ciel qui hérissaient la ville de toute part. Sensation de vertige. C'est décidé. Je rentre. P. se sentit soulagée d'avoir pris une décision. Même si ce n'était rien qu'un début, elle savait pertinemment au fond d'elle ce que ça signifiait. Abandonner la ville, ce boulot, cet appart. Retrouver ses racines, son coin de terre, la sombre forêt à perte de vue.

Garder le bébé. Je l'appellerai Estelle. Comme une petite étoile de neige. Dehors, les flocons tombaient toujours, se détachant sur le ciel sombre de la nuit hivernale.

mercredi, 16 janvier 2008

Mes derniers dessins en date.

4688959bdc9fd6aa1adeb6ccec0c075a.jpgMaryam et Sandrine. Pas facile, le portrait...! J'ai bien conscience que c'est bancal et figé. Va falloir encore travailler...! 

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L'intérieur de la cathédrale Saint-Etienne de Metz, comme si vous y étiez. Encore une fois, je vois beaucoup de défauts, mais à ma décharge, j'ai fait ce dessin dans la semi-obscurité, et à la va-vite, en attendant l'heure e retrouver mon papa pour un cinéma. D'habitude, je suis encore plus mauvaise en ce qui concerne les paysages ou les bâtiments, donc là, ça passe..!

 

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Réglisse qui dort sur la chaise près de l'ordinateur, une de ses places préférées -elle déteste être toute seule et je suis presque toute la journée sur l'ordi.

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 Esquisse d'un portrait de femme, de dos. C'est dingue comme l'essence même de la femme est condensée en simplement quelques courbes. Un homme, ça me paraît plus durà dessiner rapidement...

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 Jeune femme accoudée à une table de café, dans l'ambiance de la Seconde Guerre mondiale et du Journal d'Anne Franck.

  Détails. 

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mercredi, 21 novembre 2007

Dernières acquisitions

Et non, pour une fois, mes derniers achats ne se situent pas dans le domaine du shopping! Victoire, je ne suis pas une addict! J'en suis d'autant plus contente que je vais sans doute m'en servir et les aimer plus longtemps que n'importe laquelle de mes fringues. De toute façon, moi, ce qu'il me faudrait, c'est un magazin de location des habits: on prend, on porte tant qu'on aime, puis on rend contre un autre vêtement. Je vais déposer un brevet, c'est une idée de génie! 

Bref...Revenons à nos moutons. Ces achats sont beaux, pratiques, créatifs. Malgré leur prix un tant soit peu excessif, je ne les regrette pas. J'avoue, c'était encore un achat compulsif, de toute façon je ne sais consommer que sur des coups de têtes - au grand malheur de mon portefeuille. 

Je m'ennuyais chez moi. Malgré la pluie battante et le noir d'encre des ces 5h du soir, je suis allée faire un tour au centre-ville, déjà illuminé -je sais, ma vie est passionnante. Je suis entrée dans une librairie, attirée par les livres en vitrine. J'ai lu quelques quatrièmes de couverture, feuilleté des pages, respiré les odeurs de neuf et de beau. Puis mes pas m'ont porté vers le rayon "beaux-arts"...

 

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Un carnet à croquis.
Derrière, c'est écrit : "Enough is enough!
What's essential to you?
When you wake up in the morning
take a few minutes
and write the essentials to your life.
It could be the beginning of happiness...
Ainsi que deux crayons aquarelles, l'un "dark indigo" et l'autre "sanguine".
Je n'écrirai pas ce qui est important pour moi dans ce carnet, je le dessinerai. J'ai envie d'y dessiner ce qu'il y a dans mon imaginaire, ce que je vois et qui me marque au jour le jour, ou tout simplement des copies de dessins que j'aime.
 
Voila les premiers dessins (les photos sont de mauvaises qulités, mais tant pis - ou tant mieux, même)
 
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Un passant Place d'Armes, le jour où j'ai acheté le carnet. Il pleuvait à verse, il faisait nuit, et j'attendais le bus. Les gens ressemblaient tous à ce passant: sombres, mouillés, recroquevillés, traversant la place pavée qui brillait sous la pluie.  
 
 
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Des amants de Bande Dessinée, et un musicien à Strasbourg.
Le premier dessin est tiré de mon imagination, c'était simplement pour m'essayer au style BD, j'aime pas trop.
Le second est inspiré du film "Once", et de mes nombreuses ballades dans Strasbourg.
 
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Un vieux monsieur aperçu par la fenêtre d'un bus qui passait, cramponné à sa canne et observant d'un oeil méfiant des jeunes qui rigolaient à ses côtés. 
 
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Un bouquet de fleurs imaginaires, offert à ma Maman. 
 
 
 
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Une femme couchée, sur le modèle d'Egon Schiele.
Une scène de manifestation étudiante (y'en a plein en ce moment).
Une jeune fille rêveuse
 
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au dessus, une phrase que j'adore: "Je crois qu'il n'y a pas d'art "moderne", il y a seulement l'art, et il est éternel" (Egon Schiele)
 
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mardi, 13 novembre 2007

Sur le vif

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Ben & Zab, à l'Estanquet.
La qualité est médiocre (dessin au stylo bic sur tract, après quelques bouteilles) mais j'aime ce dessin, parce que c'était un sacrèment bon moment! 

jeudi, 25 octobre 2007

Watteau et moi

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 D'après l' "Etude de jeune femmeà demi-nue", pierre noire et sanguine sur papier chamois, de Watteau.
 
 
Antoine Watteau est né à Valenciennes le 10 octobre 1684, cadeau de Louis XIV à la France, a-t-on dit, en effet la ville était devenue française au traité de NImègue (1678) seulement six ans avant la naissance du peintre. La vie de Watteau est brève puisqu'il disparaît à trente-sept ans, d'une tuberculose qui l'avait touché depuis plusieurs années déjà, et que ses contemporains qualifient de consomption. 
 
 
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Les danseurs. J'ai fait cette série de dessins dans le cadre d'un concours sur Mozart. Le premier -ainsi que l'avant dernier - est copié d'après un modèle de Watteau, les autres sont de ma propre inspiration. 
 
On sait comment travaillait Watteau, librement, spontanèment, dessinant les amis qu'il a près de lui dans les attitudes les plus variées et les plus naturelles qui nous les rendent familiers et sympathiques. Watteau cherche à garder le laisser-aller souple des corps, dont la grâce ne craint pas les mouvements très vifs parfois. C'est ce caractère d'improvisation "désintéressée" des sujets qui donne à la plupart des feuillets de Watteau ce charme incomparable où aucune attitude n'est forcée et où nous participons aux sentiments intimes des modèles, reflétés avec une infinie délicatesse. 
 
 
 
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La femme chez Watteau est très caractérisée et très nouvelle, son type d'élégante femme-enfant va être adopté par tous les artistes du XVIIIe siècle, de Boucher et Fragonard, à Clodion.
La femme, c'est vraiment l'idole de Watteau : tout est destiné à mettre en valeur sa grâce, sa beauté, son esprit. Pourtant elle se livre à nous sans apprêt, nue dans la détente heureuse du repos, à sa toilette ou en jeune Diane prête à entrer dans l'eau. C'est dans les études de nus que l'artiste pet exalter le plus triomphalement son culte. C'est Watteau qui, dès le début du siècle, apportera à cette adoration discrète la distinction, l'élégance, on peut ajouter, cette exquise qualité de la forme qui, dans l'étude de femme à mi-corps (premier dessin), d'un modelé carressant et subtil, précise la quintessence de la grâce féminine du siècle. 
 
 
 
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Watteau et moi, c'est une histoire d'amour à travers le siècles, les crayons et les pinceaux.