vendredi, 20 juin 2008

Le pétrole, graal du XXème siècle

resize.php.jpgJe suis en train de lire un livre qui me fait beaucoup réfléchir, et ça m'a donné envie d'en parler ici. Je n'ai pas fini ma lecture, et ma réflexion n'est ni aboutie ni exhaustive, je me contenterai donc de lancer des pistes et de parler d'un sujet majeur aujourd'hui: la question du pétrole. Le livre en question est Géographie et géopolitique des énergies, écrit sous la direction d'Annette Ciattoni et Yvette Veyret.

Le monde entier a soif d'énergie. Dans les pays industrialisés, le charbon a cédé la place à une énergie peu coûteuse, facile d'utilisation: le pétrole. Celui-ci est devenu l'énergie principale de beaucoup de pays. De par la richesse fabuleuse qu'il a engendré, le pétrole est créateur de mythes, de grands capitaines d'industries ou de personnages originaux, tels Rockfeller (1839-1937), le roi du pétrole, ou Gulbenkian (1869-1955), surnommé "Monsieur 5%". Le pétrole constitue la base de la société actuelle, il tient une place fondamentale dans le développement dès le XIXème siècle et ce, jusqu'à aujourd'hui. La période contemporaine voit son règne s'achever et dès lors il convient de s'interroger sur l'après pétrole, car ce sont toutes nos sociétés qui sont remises en cause aujourd'hui. 

La longue histoire du pétrole

L'histoire du pétrole remonte au Néolithique. Le premier exemple de son utilisation vient d'un site d'Irak, Zawi Chemi Shanidar, où l'on a découvert un silex encore attaché par du bitume à un manche d'os, remontant à une période située entre 12 000 et 9 000 avant notre ère. Le bitume est utilisé depuis très longtemps comme goudron pour calfeutrer les coques des bateaux phéniciens, qui disposent ainsi d'un quasi-monopole sur la navigation en haute mer. Il entre aussi dans la composition des mortiers en Mésopotamie. Les écrits des géographes grecs ou latins esquissent déjà une ébauche de la carte pétrolière du Proche-Orient à travers les nombreuses sources de bitume déjà exploitées. L'usage du bitume ne se limite pas à des utilisations matérielles: il provoque aussi des émanations naturelles, considérées comme des manifestations divines. Il est également utilisé en médecine, pour soigner les maladies de peau. Si l'on en croit Pline l'Ancien, il est efficace contre les maux de dents, les douleurs lombaires et le traitement de la lèpre. Enfin, cette "huile de la terre" prend une grande part dans l'art de la guerre. Thucydide, en 425 avant J.C, rapporte qu'un sorte de lance-flamme fabriqué à base de naphte s'avère efficace dans l'attaque des remparts. 

Toutefois, jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, ce qui deviendra l'or noir n'est exploité que dans les secteurs de suintements naturels qui se produisent en surface. Tout change avec la révolution industrielle. Les techniques vont alors permettre d'extraire le pétrole du sous-sol et les usages prennent une ampleur nouvelle. L'idée naît d'abord d'utiliser ce produit pour l'éclairage: la lampe à pétrole est née. Progressivement, de plus en plus de villes utilisent le pétrole pour s'éclairer. Il remplace les huiles animales (baleines) et végétales. L'huile de la terre montrant des capacités intéressantes, les recherches s'intensifient aux Etats-Unis. C'est là que débute l'aventure du pétrole, en 1859, quand le colonel Drake découvre les puits de Pennsylvannie. C'est la première "giclée" de pétrole de l'histoire. Progressivement sont mises au point les techniques de raffinage du pétrole, inutilisable à sa sortie des puits. La primauté de la ressource pétrolière s'installe rapidemment. Le pétrole complète les besoins d'énergie quand le charbon ne parvient plus à satisfaire la demande des pays développés. L'essor vient d'abord des transports. Deux ingénieurs allemands, Daimler et Diesel, inventent les moteurs à explosion et à combustion. Ils révolutionnent les modes de propulsion sur terre et sur mer en permettant l'utilisation de l'essence et du mazout, considérés pourtant par les raffineurs comme des produits résiduels sales et dangereux. Au même moment naît l'industrie automobile. Dès lors, la demande augmente. Le pétrole devient vite indispensable aux sociétés contemporaines, sa prise de pouvoir coïncide avec l'instauration de la société de consommation. Il est associé au développement et devient un facteur de puissance économique et géopolitique car il donne aussi la puissance militaire et est, à ce titre, hautement stratégique. L'hégémonie du pétrole s'est construite au cours du XXème siècle. 

La fin du règne

Le pétrole est une énergie non renouvelable. La question principale aujourd'hui est donc celle des réserves pétrolières: de combien de pétrole dispose-t-on encore? La question des énergies fossiles est récurrente depuis un moment -elle a déjà été discutée dans les années 70, après les chocs pétroliers- mais elle n'a jamais été si centrale qu'aujourd'hui. La dépendance énergétique est incontestable alors même que les réserves s'épuisent. Il importe donc de trouver d'autres solutions énergétiques, ou de réviser complètement nos modes de vie. Les recherches s'accélèrent. Le charbon, énergie du XXIème siècle? La voie du nucléaire est-elle acceptable? De nombreux pays en voie de développement souhaitent construire des centrales pour produire de l'énergie, mais le possible détournement des programmes civils à des fins militaires rend difficile la réalisation de ce type de projets, surveillés de très près par l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique). Celle-ci envisage de créer une banque de "combustible nucléaire" qu'elle gérerait, ce qui permettrait un contrôle de l'usage du nucléaire. 

La question de l'urbanisation et des modes de transport est majeure. La voiture, le bateau, l'avion... nous sommes absolument dépendants du pétrole. Les industriels, mais aussi les consommateurs et les citoyens, sont directement concernés par le problème. En terme d'aménagements du territoire, il est nécessaire de trouver un urbanisme compatible avec une réduction des usages énergétiques: moins de déplacements en voiture par la maîtrise de la périurbanisation et par le passage à une ville plus dense. L'accent doit être mis sur les transports collectifs. Il s'agit aussi de développer une agriculture moins consommatrice d'énergie et de favoriser, chaque fois que cela s'avère possible, des industries et des activités plus économes et favorables à l'utilisation d'énergies renouvelables. En terme d'habitat, il est nécessaire de mettre en oeuvre les normes HQE (haute qualité environnementale) et de favoriser l'éco-habitat, fait de matériaux permettant un bon isolement en utilisant des énergies renouvelables.

Le changement climatique

Les énergies fossiles sont au coeur des discussions sur le réchauffement climatique. Autant que le caractère non renouvelable des principales ressources d'énergies, c'est leurs conséquences en terme environnemental qui alimente bien des discours, des inquiètudes et des peurs. il importe donc d'envisager ces relations complexes entre consommation des énergies fossiles et leurs effets certains ou plus hypothétiques. La planète se réchauffe depuis un siècle et demi, et, on le sait, les émissions de gaz à effet de serre y sont pour beaucoup. Pour les experts du GIEC (groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat), depuis le milieu du XXème siècle, le réchauffement ne serait plus naturel, mais d'orgine humaine. Comme les caractéristiques chimiques de l'atmosphère dépendent et dépendront des GES (gaz à effet de serre), il est indispensable de jumeler les modèles climatiques avec les modèles macro-économiques, eux-même dépendants des scénarios d'évolution de la population mondiale, du rythme du développement économique et de la mise en place probable de nouvelles technologies. 

Pour conclure, le pétrole est une question centrale aujourd'hui. A l'heure où s'épuisent les principales ressources d'énergie et où le baril de pétrole bat des records (135 dollars!), où la question du réchauffement climatique est un enjeu majeur pour l'avenir, il importe plus que jamais de trouver des solutions. Nous sommes tous concernés. Nous devons tous changer nos modes de vies. Nous devons tous réfléchir à ce sujet. 

Et c'est pourquoi je vais continuer ma lecture.  

  

dimanche, 18 novembre 2007

"L'homme africain" selon Sarkozy

46c95e89da153a1287fd0fae4f2899b9.jpg"Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.

Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance.

Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin."

Voici les mots que notre président - quelle honte - a osé prononcé à l'Université de Dakar en juillet dernier. Personnellement, je n'en reviens pas. Comment peut-on dire ça en toute conscience? Comment peut-on être à ce point insultant pour tout un continent qui se bat contre l'enlisement, la pauvreté, qui se débat pour s'en sortir et s'élance pour se créer un avenir?

Notre président paraît à ce point ignorant que l'on se demande s'il a les capacités de sa fonction. La vision qu'il présente de l'Afrique reste celle, éculée, d'un XIXe siècle colonialiste et rasciste. L'Afrique ne se résume-t-elle donc, pour lui et pour sa "plume", Henri Guaino, qu'à une vaste savane, peuplée d'animaux et de "bons sauvages"? Que font-ils des villes, des présidents, des ministères, que font-ils des progrès et de la modernité, que font-ils de l'art, de la culture, de la richesse, de la diversité de ce continent?

Ce discours est indécent. "En faisant de l'«essence» de l'Afrique la principale cause de son malheur, le discours de Dakar minimise les conséquences de l'esclavage et de la colonisation" (Nouvel Obs).

Ah oui, l'homme africain n'est pas "assez entré dans l'histoire"? Monsieur le Président, auriez vous oublié combien la France, et les autres pays colonisateurs, ont pu se servir des populations de leurs colonies? Auriez vous oublié les tirailleurs sénégalais, et tous ces autres peuples massacrés au nom d'une histoire qui n'était même pas la leur, une histoire qu'on leur a imposée et que l'on fait aujourd'hui mine de reconnaître? Auriez-vous oublié combien l'Afrique a pu être ballottée dans l'histoire des autres? 

Monsieur le Président, n'avez-vous pas honte de réduire "l'homme africain" à un paysan, simple et reconnaissant, qui ne comprend pas les enjeux actuels, qui n'a aucune idée de "progrès" puisque qu'il est l'opposé de "l'homme moderne", c'est-à-dire occidental?

Monsieur le Président, avez-vous conscience d'insulter un continent entier? De nier un siècle d'histoire, de progrès, d'efforts? Savez-vous que l'Afrique que vous décrivez n'est qu'un amas de préjugés, de mythes datant de la colonisation et qui n'ont jamais été vrais? 

"Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir" : Monsieur le Président, j'en viens à espérer que vous serez surpris du contraire. Nous allons bondir vers un avenir, ensemble, et sans vous.

 

 Lire le discours entier : -->

Lire une analyse (Nouvel Obs) : --> 

mercredi, 17 octobre 2007

Journée mondiale du refus de la misère

Née de l’initiative du père Joseph Wresinski et de celle de plusieurs milliers de personnes de tous milieux qui se sont rassemblées sur le Parvis des Droits de l’Homme à Paris en 1987, cette journée est officiellement reconnue par les Nations Unies depuis 1992.

Pour 2007 le thème proclamé par l’Assemblée Générale des Nations-Unies est :

Les personnes vivant dans la pauvreté, acteurs de changement : 20ème anniversaire de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Depuis 1987, chaque année, la Journée mondiale du refus de la misère est célébrée le 17 octobre.

Pourquoi une Journée mondiale du refus de la misère ?

Pour faire entendre la voix des plus démunis Faire entendre ceux qui sont habituellement réduits à leurs difficultés, voire en sont jugés responsables. "C’est notre journée. On peut exprimer ce que l’on a dans le cœur sans honte, sans gêne", dit une participante. La Journée mondiale du refus de la misère leur donne la parole, sur les conditions indignes qu’elles vivent, sur leurs résistances quotidiennes et leurs aspirations. On ne peut vaincre la misère qu’avec les premiers concernés.

Pour mobiliser citoyens et responsables publics La misère est une violation des droits humains fondamentaux, elle n’est pas fatale, et peut être combattue et vaincue comme l’ont été l’esclavage et l’apartheid. En France en particulier, elle invite à comprendre comment chacun, là où il est, peut agir.

Un point d’appui pour une lutte de fond contre la misère ATD Quart Monde, à l’origine de cette journée, souhaite que les initiatives inspirées du message inscrit sur la Dalle du refus de la misère se multiplient de toutes parts à l’initiative d’associations, d’élus, de citoyens. ATD Quart Monde s’investit pour donner avec d’autres un écho particulier à cette journée, en l’honneur des personnes victimes de la misère, et pour une mobilisation de tous les défenseurs des droits de l’homme. Avec cette éthique, le 17 octobre est un point d’appui pour une dynamique du refus de la misère toute l’année.

Un message qui rassemble très largement Sur le Parvis des droits de l’homme et des libertés, Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde inaugure une dalle où figure cette inscription : « Le 17 octobre 1987, des défenseurs des droits de l’homme et du citoyen de tous pays se sont rassemblés sur ce parvis. Ils ont rendu hommage aux victimes de la faim, de l’ignorance et de la violence. Ils ont affirmé leur conviction que la misère n’est pas fatale. Ils ont proclamé leur solidarité avec ceux qui luttent à travers le monde pour la détruire.

Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. » Joseph Wresinski

(source : www.refusonslamisere.org)

 

jeudi, 04 octobre 2007

Choc

Je suis complètement sous le choc de ce que je viens de lire. Je cite : "Les Français, eux, sont partagés sur l'instauration de tests ADN pour prouver la filiation de candidats au regroupement familial, selon un sondage CSA à paraître vendredi dans Le Parisien-Aujourd'hui en France. 47% des personnes interrogées jugent que c'est une "bonne chose parce que cela permet de savoir si les candidats au regroupement familial sont bien issus de la même famille". 45% estiment que c'est "une mauvaise chose parce que cela est contraire aux valeurs de la société française". 8% ne se prononcent pas." (source: laposte.net).

Non seulement 8% s'en foutent, mais en plus 47% des Français sont assez ignorants et irresponsables pour croire qu'un retour aux théories eugéniques du XIXe siècle et au mythe du "bon sauvage" serait salutaire ! 

Je tombe des nues.  

 

jeudi, 27 septembre 2007

Brèves d'actu

 Parce que l'actu représente une part importante de ma vie, je ne pouvais pas ne pas en faire une rubrique ici. En tant que future journaliste, mais aussi en tant que citoyenne, j'estime qu'il est essentiel de savoir et de parler de ce qui se passe dans notre monde. Dans l'idéal, cette rubrique me permettra de m'entraîner à exercer mon futur métier, mais aujourd'hui je n'ai pas le temps de faire quelque chose de très approfondi ni de commenter - je suis en train de ranger ma chambre, ça me prend trois jours (!). Je me contente de publier quelques brèves qu'à mon avis on ne peut ignorer. Ce n'est bien sûr pas exhaustif, et totalement subjectif! Mais selon moi " le journalisme est un choix radical".

En Birmanie, la répression des manifestations a déjà fait neuf morts. Huit opposants et un journaliste japonais ont été tués jeudi. La plupart des manifestants ont été dispersés par les forces de l'ordre.

Ahmadinejad: fiasco à l'ONU, triomhe en Iran. A priori, la visite de Mahmoud Ahmadinejad à New York n'a rien eu d'un succès : lundi 24 septembre, son hôte, le doyen Lee Bollinger, l'a accueilli à l'Université Columbia en le traitant de "petit dictateur cruel et inculte".

Grenelle de l'environnement :  Transports, OGM, cantines "bio", agriculture... les six groupes de travail ont présenté, jeudi, leurs conclusions pour redéfinir la politique écologique de la France.

L'occupation d'une Eglise par des sans-papiers : c'est demain que la justice doit se prononcer sur l'expulsion des 500 sans-papiers qui occupent l'église Saint-Paul de Massy depuis cinq mois. Une demande de l'évêque d'Evry qui ne fait pas l'unanimité.

La réforme des retraites ravive la fureur syndicale. Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, reproche à François Fillon d'envisager la révision de l'accord de 2003. Le premier ministre a notamment proposé, mardi, la "révision du dispositif des carrières longues". "Je vis cela comme une provocation", a déclaré M. Chérèque au "Monde".

Fronde du Sénat contre le projet de loi sur l'immigration.

(source : le monde.fr)

J'en profite pour parler des ces nouveaux sites qui informent autrement : rue 89 et latelelibre, par exemple. Il faut absolument aller y faire un tour, soutenir, connaître, en parler! J'en parlerais plus longuement une autre fois, je retourne à mes moutons -de poussière.