mercredi, 02 juillet 2008

"Valse avec Bachir" d'Ari Folman

 

Le film de Folman évoque les massacres de Sabra et Chatila.

 

Sélectionné au Festival de Cannes (d'où il est reparti absurdement bredouille), le film de Folman est un très beau et très bon "docu animé". Ari Folman y évoque ses propres souvenirs de la guerre du Liban, notamment les massacres de Sabra et Chatila en 1982. Le cinéaste est allé à la rencontre de témoins de cette époque pour faire parler leur mémoire, mettant en scène ces souvenirs sous forme de dessin animé. L'Israélien précise que cette histoire est sa propre histoire. Et que ce film lui a servi de thérapie. Durant les quatre années de tournage, il a dû se confronter aux zones d'ombre de sa mémoire liées à sa participation à la guerre.

Salué par la critique à Cannes
"Valse avec Bachir" a secoué la Croisette. Bien que le film soit reparti de Cannes sans récompense (alors qu'il était pressenti favori), les critiques ont été bonnes. "C'est une entreprise très étonnante, formellement très audacieuse", notait Emmanuel Burdeau, le rédacteur en chef des "Cahiers du cinéma". "Humain, profond, sensible", relevait de son côté le monsieur cinéma de la chaîne Canal+, Laurent Weil, "bouleversé" par "Valse avec Bachir". "Un film qui ne peut pas laisser indifférent", notait rue89.com, regrettant néanmoins une "certaine grandiloquence". Commmeaucinéma.com disait avoir aimé la force bouleversante des images.
 
Mon avis 
Les images en effet sont fortes. J'ai apprécié l'esthétique surtout au début, moins à la fin, j'étais peut-être simplement lassée, mais j'ai eu aussi l'impression d'une simplification de la mise en scène progressivement. La première scène est stupéfiante, alors que plus on avance dans le film, plus les scènes se classifient - je pense surtout aux longues séquences d' "interviews", en plan fixe sur fond dépouillé. Mais ça participe de l'ambivalence du film, qui mêle habilement l'impression de réalité aux incursions fantasmagoriques. Le choc revient tout à la fin, quand, alos que le spectateur s'est habitué aux images animées et à leur distance, le réalisateur impose les vraies images des massacres, plongeant ainsi le spectateur choqué dans la réalité totale de l'horreur. Le projet est très audacieux, et j'ai aimé le genre biscornu du film: un dessin animé pour une histoire vécue, un documentaire. Quant au sujet, je le connais mal, mais il est toujours intéressant d'essayer de mieux comprendre les conflits, ce qui pousse les hommes à commettre les crimes les plus atroces, et les cicatrices que cela laisse en eux. Ari Folman a vécu ce film comme une thérapie: s'il est une idée qui me tient à coeur, c'est celle qui affirme que l'art est catharsis. "Valse avec Bachir" en est le manifeste. 
 
Et pour en savoir plus...
Le site du film est !  Il y a notamment une interview d'Ari Folman qui permet de mieux comprendre ce qu'est ce film.
 
 

 

dimanche, 22 juin 2008

Fête de la musique

 

342921714_small.jpg

 

Hier soir, 21 juin, solstice d'été, c'était la fête de la musique. Pour moi, ce fut une très chaude soirée d'été, un peu comme une ambiance de vacances, avec un air saturé d'odeurs et de bruits, et des filles en minijupes au bras de garçons avec des lunettes de soleil. C'était comme si tout d'un coup la ville entière se retrouvait dans la rue. Un peu comme si c'était la fin du monde, et qu'avant la catastrophe, il faille profiter au maximum des joies de la vie. L'alcool et la musique coulait à flot hier soir. Excessivement. Les trottoirs étaient tièdes sous nos pieds dénudés, et la brise fraîche frôlait nos épaules et venait cueillir la sueur dans nos nuques. Des rythmes différents coulaient de rues en ruelles, et la foule se fondait en une masse mouvante et bruissante. Assis par terre, dansant devant des enceintes, une bière à la main, à vélo ou poussant une poussette, chacun avait le sourire aux lèvres et l'euphorie légère des heures insouciantes. Ce qui est drôle, c'est que la fête de la musique est internationale. Elle est célébrée dans une centaine de pays. Penser que partout, les gens sont descendus dans les rues, dans ce même esprit de se faire plaisir, provoque en moi un sentiment de joie mêlé d'étrangeté. J'essaie  d'imaginer ces flots d'humains se trémoussant partout sur la planète. Que pourrait donner une vision depuis le ciel? 

Et pour la culture, sachez que cette fête existe depuis 1976, inventée par le musicien américain Joel Cohen qui travaillait alors pour Radio France – France Musique. Cohen proposait pour cette chaîne des « Saturnales de la Musique » pour le 21 juin et le 21 décembre lors des deux solstices. Il voulait que les groupes de musiques jouent le 21 juin au soir, jour de l’été. Après les élections présidentielles de 1981 cette idée a été adaptée par Maurice Fleuret et mise en place en France par Jack Lang alors ministre de la culture. Sa première édition a lieu le 21 juin 1982 mais a été officiellement déclaré le 21 juin 1983. C'est l'occasion d'une liesse populaire et la manifestation connaît un succès croissant au cours des décennies suivantes. La musique étant un vecteur de communication universel, cette fête s'est aujourd’hui complètement internationalisée : en moins de quinze ans, elle s'est diffusée dans 110 pays sur les cinq continents (dès 1985 en Europe) et les deux hémisphères, avec plus de 340 villes participantes dans le monde. Le 21 juin a été choisi car il coïncide le plus souvent avec le solstice d’été (donc aussi un des jours les plus longs de l’année, ou la nuit la plus courte pour ceux qui festoient jusqu’à l’aube !)

 

 

 

lundi, 18 février 2008

Deux en un : "Juno" de Jason Reitman, et "Notre univers impitoyable" de Léa Fazer

 

2229e0e3568e896e582405f86ce7cd1f.jpg

Je n'avais pas du tout envie d'aller voir "Juno". Les affiches m'avaient donné le sentiment d'un film niais et creux, une comédie gentillette sur la grossesse d'une ado qui n'existe pas dans la vraie vie. Mais ma mère m'a convaincu du contraire après avoir vu le film avec une amie. Elle m'a dit: "Tu devrais aller le voir, ça ressemble un peu à Little Miss Sunshine, c'est le même genre de comédie indépendante à l'humour pas du tout français". Alors, en bon petit mouton de panurge, j'ai eu envie d'y aller.

 "Juno McGuff, 16 ans, est une jeune fille qui n'a pas la langue dans sa poche mais qui, sous ses airs de dure, se cherche comme toutes les adolescentes de son âge. Alors que la plupart de ses copines de lycée passent leur temps sur Internet ou au centre commercial, Juno ne fait rien comme les autres. C'est ainsi qu'un jour où elle s'ennuie, elle couche avec Bleeker, garçon aussi charmant que peu prétentieux. Mais quand elle tombe enceinte accidentellement, elle décide de trouver le couple de parents adoptifs idéal qui pourra s'occuper de son bébé. Avec l'aide de sa meilleure amie Leah, elle repère dans les petites annonces du journal local Mark et Vanessa Loring qui rêvent d'adopter leur premier enfant. Soutenue par sa famille, Juno fait la connaissance des Loring. Tandis que le terme de sa grossesse approche, Juno va devoir faire preuve de maturité et de courage..." [allociné].

dda526678b426683bbf0eef8403e21c0.jpg

 Le film est réellement drôle, pourtant le sujet, s'il était traité autrement, pourrait être dramatique. Je n'ai pas été déçue du tout. Ellen Page, qui joue le rôle de Juno, est à tomber par terre, elle est tout simplement géniale et je parie qu'on entendra encore parler d'elle. Elle ressemble un peu à Isabelle Adjani jeune, en dix fois moins coconne, par sa gouaille et ses airs de dure, elle m'a fait penser à Natalie Portman, et ça c'est déjà plus chouette comme comparaison. Les seconds rôles du film sont excellents, tous les personnages sont psychologiquement construits, avec leur personnalité, leur humour... C'est le genre de personnages qu'on oublie pas, qui sortent des répliques à mourir de rire. Parce que le mieux, dans "Juno", finalement c'est les dialogues. C'est eux qui donnent toute sa personnalité à ce film au sujet pourtant classique, tout son humour et toute sa drôlerie. Bref, un film qui change des comédies françaises toujours pareilles.

 

En parlant de comédies françaises, j'ai aussi été voir récemment "Notre univers impitoyable".

c8a51ffb0bfac07caf2934bfd8c7b4c7.jpg

 

"Pour Margot et Victor, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ils sont beaux, jeunes, cadres dynamiques dans le même cabinet d'avocats d'affaires et surtout, ils filent le parfait amour. Mais rien ne va plus le jour où Nicolas Bervesier, leur patron, est contraint de nommer un nouvel associé pour l'épauler. Uni dans la vie, le couple se retrouve bien malgré lui en concurrence frontale. Bienvenue dans un monde impitoyable : celui du travail et de ses dommages collatéraux..." [allociné].

Celui-là, j'ai plus été le voir par ennui qu'autre chose. C'était plus ou moins un hasard, je n'avais rien à faire ce soir-là, j'ai regardé quels films passaient et c'était le seul qui correspondait à mes horaires. Mais ça a plutôt été une bonne surprise. Loin d'être convenu, ce film est original et donne à réfléchir sur un sujet finalement super intéressant et qui nous concerne tous, les différences hommes-femmes au travail. En plus, la conclusion finale est vraiment bien et je suis tout à fait d'accord avec la philosophie d'ensemble du film.

Il est traité d'une manière super sympa en plus, en exploitant les deux solutions comme deux histoires parallèles, avec simplement des différences esthétiques et dans le physique des personnages, non seulement pour que le spectateur s'y retrouve mais aussi pour montrer l'impact des conséquences sur le personnage lui-même.

Bref, ce petit film vu par hasard était sympa, sans prétention mais original, avec de bons acteurs (j'ai retrouvé Alice Taglioni et Jocelyn Quivrin avec plaisir, ça change, plutôt que de voir une énième fois les mêmes acteurs français, un peu de renouvellement ne fait pas de mal).  

ef6a92481622698a5386596796b19ce5.jpg

 Voilà pour les films du moment! Le prochain sur ma liste est - évidemment- le dernier Cédric Klapisch avec Romain Duris et Juliette Binoche, "Paris". 

48fb491f60ff31ad000fd12238b5a15f.jpg

 

dimanche, 10 février 2008

Mano Solo

Tout simplement génial. 
(dessin de moi, photo de Lory
 
 
7b2fae319d8c48241c17e5ac1ec49d19.jpg
 
f89de4f1ca6a9fc707841a3efdb5010b.jpg

mercredi, 06 février 2008

Samedi: Mano Solo en concert.

deb5a223bcf21b71f563e6e5d1f85906.jpg

Samedi soir, je vais voir Mano Solo en concert. Pour la première fois. Peut-être aussi la dernière. C'est certain, ça va être un moment très fort. Ce mec, il dit des choses tellement profondes, qui touchent tellement..Ce mec, c'est un peu la définition que je donnerais de l'"Artiste". Je suis tout simplement heureuse d'avoir l'occasion de le voir sur scène. 

a62b9fc356e1f514d05f05909e8a8645.jpg

 

Mano Solo est né Emmanuel Cabut à Châlons-sur-Marne le 24 avril 1963.
Dès 17 ans, il joue dans un groupe punk, les Chihuahuas, au sein duquel il est guitariste mais c'est au début des années 1990 qu'il passe derrière le micro et interprète ses textes. Il chante fréquemment au théâtre du Tourtour avec Marousse et P'tit Louis. Le premier album, la Marmaille nue sort en 1993 et se vend à 100 000 exemplaires la première année. En 1995 sort le deuxième album, Les Années sombres, qui est, comme son titre l'indique, un album sombre (disque d'or également dès les premiers mois)...

Il retrouve l'année suivante en 1996 une partie des Chihuahuas pour l'album Frères Misère. Les rythmes sont parfois proches du punk et les textes abordent des thèmes plus engagés que pour les précédents albums solo. Peu médiatisé, cet album ne rencontrera pas un succès immédiat.

En parallèle à sa carrière de chanteur, Mano Solo développe d'autres talents. Il dessine et peint, notamment les pochettes de ses albums. Il écrit aussi et avec l'argent gagné grâce à la musique, il monte sa propre société d'édition (La Marmaille nue) et publie deux ouvrages. En 1995, un recueil de poèmes, Je suis là, et en 1996, un roman, Joseph sous la pluie (épuisé).

d2f3cfdb5ed6316ae0c06ab2071c4fbb.jpg
ba71f89bd4575ef8eb3f205e95ec8b74.jpg

 

En 1997 sort un nouvel album solo : Je sais pas trop (disque d'or) enregistré live aux mélodies et aux sonorités une nouvelle fois originales.

Deux ans plus tard, Mano Solo enregistre le double-album Internationale Shalala en live au Tourtour, un petit théâtre où il se produit régulièrement depuis ses débuts. Il joue seul à la guitare, accompagné (à la guitare également) par Jean-Louis Solans. Les morceaux sont extraits des précédents albums solos, à l'exception du Shalala, un hymne de « révolution intérieure » que l'artiste chante avec son public à la fin de chaque concert. Son message est positif et dynamique.

d22a582e676034499999dc1d50b7d257.jpg

 

Son deuxième album live, intitulé La Marche, sort en 2002, il reprend en grande partie des morceaux de l'album Dehors, sorti entre temps (en août 2000). L'album est accompagné d'un DVD où l'artiste fait figurer, au côté de photos et d'extraits de concerts, des animations en images de synthèses sorties de sa propre imagination. Depuis 2001, Mano Solo s'intéresse de près à Internet, il crée et développe son propre site autour de ses centres d'intérêts politiques, sociaux et artistiques, encourageant ses visiteurs à être eux-même créatifs.

En 2004 sort Les Animals. Comme à chaque album, le son est nouveau et les textes dégagent toujours la même énergie servie par un langage maîtrisé d'une grande poésie. Certains titres sont de nouveaux enregistrements d'anciennes chansons. Y figure également le titre Botzaris, enregistrée avec Les Têtes Raides.

Il fait deux apparitions sur l'album Dans le caillou de Karpatt.

079c701be8e1f29e934e8a2e68139eca.jpg

 En 2006, Mano Solo ne renouvelle pas son contrat Warner, sa maison de disque. Il s'autoproduit avec un nouvel album, In The Garden, qui est sorti en mars 2007. Il propose ce disque à la vente par souscription depuis le 18 septembre. Tous les mois, le souscripteur a accès à de nouveaux contenus (chansons ou films) et à la sortie, il reçoit l'album. L'argent récolté sera utilisé pour la promotion de l'album. Par cette démarche, l'artiste souhaite se démarquer de l'industrie classique tout en montrant que la production artistique a un coût.

Mano Solo reste avant tout un artiste très engagé. En mars 2006 il organise un concert au Bataclan dont les fonds ont été reversés à l'association Fazasoma qui vient en aide à la population malgache. Il anime également, depuis janvier 2007, une émision de radio sur Aligre FM (93.1), Le Clou de la Soirée, tous les derniers samedis du mois de minuit à pas d'heure, où il donne la parole à ceux qui ne l'ont pas. Sans parler de ses nombreuses apparitions dans des rassemblements visant à rétablir l'égalité.

7e3b5ef74e379aa630d8d4f0d3351227.jpg

 

 

Son site officiel, qui permet de bien voir et explorer l'univers que Mano Solo a bâti autour de lui, c'est ici

Le site construit autour de son album "Les Animals", où on peut entendre des ptits bouts des chansons (en cliquant sur les chiens!), par ici  

Et encore un autre site, non officiel cette fois: c'est !  

Pour le voir peindre en direct...  

Une chanson poignante (merci Zoune!) ici

Pour en écouter encore:

L'album "La marche", à écouter absolument! j'adore les deux premières chansons, "Des pays" et "Je taille ma route". 

"Allo Paris" (une de mes préférées, parce qu'elle me rappelle tellement de souvenirs..de voyages en clio pourrie, hein Sandr!) 

"Barbès-Clichy"

 "Rien n'est à toi"

 "Sentiments"

 "Dis-moi"

"Je suis venu vous voir" (ça c'est LA chanson qui me fait pleurer...)

 "Au creux de ton bras"

 

56d522b0f5af6fa7aa809e2904a16b98.jpg

mardi, 05 février 2008

"Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street" de Tim Burton

 
ad9bf407bf87033cfe1dd3b646bf5f6b.jpg
"Après avoir croupi pendant quinze ans dans une prison australienne, Benjamin Barker s'évade et regagne Londres avec une seule idée en tête : se venger de l'infâme Juge Turpin qui le condamna pour lui ravir sa femme, lucy, et son bébé, Johanna. Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mme Nellie lovett. Celle-ci l'informe que Lucy se donna la mort après avoir été violée par Turpin.
Lorsque son flamboyant rival Pirelli menace de le démasquer, Sweeney est contraint de l'égorger. L'astucieuse Mme Lovett vole à son secours : pour le débarrasser de l'encombrant cadavre, elle lui propose d'en faire de la chair à pâté, ce qui relancera du même coup ses propres affaires.Sweeney découvre que Turpin a maintenant des visées sur Johanna, qu'il séquestre avec la complicité de son âme damnée, le Bailli Bamford. L'adolescente a attiré les regards d'un jeune marin, Anthony, celui-là même qui avait sauvé Sweeney lors de son évasion. Amoureux fou de la jeune innocente, Anthony se promet de l'épouser après l'avoir arrachée à Turpin.Pendant ce temps, le quartier de Fleet Street s'est entiché des "tartes" très spéciales de Mme Lovett, et celle-ci se prend à rêver d'une nouvelle vie, respectable et bourgeoise, avec Sweeney pour époux et Toby, l'ancien assistant de Pirelli, comme fils adoptif. Mais Sweeney est bien décidé à mener à terme sa vengeance, quel qu'en soit le coût..."[allociné]

Site officiel : ici

06c1829274db3abfd79cccc69e83344d.jpg

 

2915036a801756067083e5b703891272.jpg

Je reviens tout juste du cinéma. Verdict: je suis contente d'être une fille et de ne jamais avoir à me raser la barbe. Arg. Cette histoire de barbier égorgeur, c'est du pur Tim Burton, la poésie en moins. J'avais adoré "Edward aux mains d'argent", apprécié "Charlie et la chocolaterie", détesté "La planète des singes", été marquée par "Sleepy Hollow", impressionnée par "L'étrange Noël de Monsieur Jack", modérement aimé "Mars Attack" quand j'avais douze ans, rêvé devant "Big Fish"...Là je vais faire des cauchemars, c'est sûr. Tim Burton est connu pour son univers gothique, sombre, et poétique. Dans "Sweeney Todd", c'est pareil, sans poésie. Ou alors, tragique, la poésie, et gore.  

b9481fed0b9775d3ae2f2d9d3a15c3ea.jpg

 

Mais ça reste Tim Burton, les images sont belles, très soignées, les acteurs sont géniaux parce qu'ils connaissent leurs rôles sur le bout des doigts (vous avez déjà vu Helena Bonham Carter dans un autre rôle, vous? Je suis tellement habituée que j'ai du mal à l'imaginer sans mitaines en dentelles gothiques.) L'histoire, basée sur des faits divers plus ou moins avérés (Quelle horreur! Encore mieux que Jack l'Eventreur!) est à mon goût un peu longuette, sans assez de péripéties ou de suspense. 

Bon, je ne vais pas aller jusqu'à dire que je n'ai pas aimé, mais j'ai été déçue. Toutes ces scènes où gicle le sang...ç'aurait tout de même été plus fort et plus beau si ça n'était que suggéré. Tim Burton, à mon avis, aurait pu mieux faire. Cependant, il reste fidèle à lui-même, et ça c'est chouette, c'est comme retrouver un vieux copain. Rien à redire de Johnny Depp, qui parvient à rester sexy avec une tête morbide, une mèche blanche, les yeux fous et une lame de rasoir ensanglantée à la main. Et il chante, en plus. Décidemment, les chemises à larges manches en dentelle lui vont bien.

e2df93055c4d9528b7d1e3294b472603.jpg

 

5188c76e9ce3b89184bf38d03e7ef9c8.jpg

jeudi, 31 janvier 2008

"Reviens moi", de Joe Wright

 

f589c20d6b4808ad6f9ee378fbec9c46.jpg

Je sais, je sais. Je parle beaucoup de cinéma ces derniers temps. Mais quand on aime, on ne compte pas, n'est-ce pas? (N'empêche, je déteste les dictons tout fait comme ça, même si c'est bien pratique de les citer à tout va.) Et puis, vous n'avez pas fini d'entendre parler des films que je vois: j'ai eu un abonnement cinéma pour mon anniversaire! Héhé!

Bref, je suis allée voir "Reviens moi" mardi soir. Je ne savais pas vraiment de quoi il était question, juste que le titre original était mille fois plus intéressant: "Atonement", ou expiation, en français. Je savais que c'était tiré d'un roman de Ian MacEwan, qu'il y avait Keira Knightley, que ça parlait d'amour et de trahison, de guerre et de mort. 

" Août 1935. Malgré la canicule qui frappe l'Angleterre, la famille Tallis mène une vie insouciante à l'abri dans sa gigantesque demeure victorienne. La jeune Briony a trouvé sa vocation, elle sera romancière. Mais quand du haut de ses treize ans, elle surprend sa soeur aînée Cecilia dans les bras de Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve face aux désirs des adultes va provoquer une tragédie et marquer à jamais le destin du jeune homme." [allociné]

9a71ecb8e5152e55e8c43064f4c9df4d.jpg

f5f124aa89dbad4c564eb277edc88d45.jpg5fb063a6b9c2d4f876241dfd8c4cc073.jpg

 En réalité, ça parle surtout d'une petite fille qui vit un peu trop dans son monde imaginaire, qui interprète mal ce qui l'entoure parce qu'elle a une imagination "fantasque" comme l'explique sa soeur, dont la vie sera détruite par sa faute. Une petite fille qui rêve de devenir écrivain, qui enjolive ou empire son monde si ennuyeux. Alors, quand elle intercepte une lettre transmise par erreur, puis quand elle découvre sa grande soeur, qu'elle croyait détester cordialement Robbie, fils de domestique, dans les bras de celui-ci, elle voit ce dernier à travers ses yeux d'enfant, comme quelqu'un qui veut du mal à sa soeur Cécilia. Après le viol de sa cousine, elle accuse logiquement Robbie de l'avoir fait, car pour elle, ce ne peut être que lui. Ce qui vaudra à Robbie plusieurs années de prison, puis l'enrôlement obligatoire dans l'armée pendant la Seconde Guerre mondiale...Reverra-t-il Cécilia? "Reviens moi..."

6d89fd3c2e273342a8540a57769e3478.jpg

 

Tout ça à cause d'une petite fille pas tout à fait ordinaire, une rêveuse, une menteuse, une enjoliveuse. Qui essayera tant bien que mal de vivre avec cette faute commise par ennui, de la corriger toute sa vie...

271504981d9d8d9db7cfd98535569dec.jpg

 

A vrai dire, je ne m'attendais pas à ça en allant voir ce film. D'où une légère déception en sortant. Je m'attendais à un récit classique d'amour un peu mélo sur fond de guerre et de tragédie familiale. En réalité, le film est biscornu, avec des retours en arrière très fréquents, des images saccadées, une musique stressante. Tout sauf classique.

34bec95d4472928c3d946307d9cd1198.jpg

 

Et après réflexion, j'ai plutôt bien aimé. Les images sont très belles, romantiques ou sombres, lumineuses ou tragiques. Et je me suis un peu reconnue, moi, dans cette petite fille imaginative, qui fait une énorme bêtise qu'elle regrettera toute sa vie, simplement parce qu'elle lit trop, et qu'elle cherche à défendre sa grande soeur.  Conclusion, c'est plutôt un bon film, avec une fin assez surprenante ( j'ai failli la dévoiler, je me suis reprise : si vous voulez savoir, faudra aller voir le film!)

mardi, 29 janvier 2008

Persépolis

a9f66461e27166e33746bb0b4d14f664.jpg

 

Ce film, c'est le seul que j'ai vu dans le cadre du festival Télérama cette année. Ce film, c'est le seul que je voulais voir. (Bon, ok, à part les Chansons d'amour, déjà vu, mais qui ne passait pas dans ma ville, pfff, quels nazes).

"Téhéran 1978 : Marjane, huit ans, songe à l'avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les évènements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Chah.
Avec l'instauration de la République islamique débute le temps des "commissaires de la révolution" qui contrôlent tenues et comportements. Marjane qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire.
Bientôt, la guerre contre l'Irak entraîne bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère.
Dans un contexte de plus en plus pénible, sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l'envoyer en Autriche pour la protéger.
A Vienne, Marjane vit à quatorze ans sa deuxième révolution : l'adolescence, la liberté, les vertiges de l'amour mais aussi l'exil, la solitude et la différence." [allociné]

Rien qu'un mot: bouleversant.  

J'ai ri, j'ai pleuré, je me suis identifiée, j'ai réfléchi, j'ai été émue, j'ai été touchée, je me suis engagée, esclaffée, j'ai eu des sourires de connivence, mais aussi des larmes d'injustice. J'ai tout simplement adoré.Il y avait bien longtemps que je n'avais pas vu quelque chose d'aussi génial (au sens propre). Drôle, tendre, émouvant, mais dur, politique, engagé et cruel. Le juste équilibre. Les traits parfaits des dessins, la difficulté maîtrisée du noir et blanc, les caractères des personnages, la justesse de l'histoire, la drôlerie des détails, l'optimisme malgré tout, la vérité universelle de la jeunesse, le regard tendre sur soi et donc sur les autres, le message d'espérance, la philosophie de fidélité, bref, tout est juste parfait.

Si vous ne l'avez pas encore vu, faites-le. Même ma mère, qui a failli ne pas venir parce qu'elle "n'aime pas les dessins animés", a dit: "Cest une grande oeuvre. Surtout la grand-mère.

Site officiel

ac2298a634189ea146900a1f42dce8fb.gif
01b41264a7f2dbd4cafc19f5062900b9.gif
 
a0f3215e38d60eed58d0d6506c574140.gif

lundi, 28 janvier 2008

La Visite de la Fanfare

 

5f0ecb2235b0ac822314a327914c9473.jpg

J'ai enfin vu ce film. Heureusement pour moi, il est resté si longtemps à l'affiche -ce qui est vraiment rare dans mon tout petit cinéma- que j'ai réussi à trouver l'occasion d'aller le voir.  Comme souvent, j'étais seule dans la salle, j'adore ça, jpeux m'étaler !

J'avais vu les bandes-annonces, lu les critiques, vu la remise de prix au festival du film européen de Berlin... Et je n'ai pas été déçue!  Quand le film s'est fini, je me suis même dit : " Déjà? C'était super court!" puis j'ai regardé ma montre et vu qu'il était tout de même minuit. En fait, ce film donne l'impression de durer très peu de temps du fait que le récit ne s'étend que sur une nuit: celle qu'une fanfare égyptienne va être obligée de passer dans un petit village paumé en Israël, après s'être trompée de destination. Invitée pour jouer à l'inauguration d'un centre de la culture arabe en Israël, la fanfare doit non seulement affronter les différences de points de vue internes, mais aussi et surtout le fossé entre ses membres, des policiers égyptiens, et les gens qui les accueillent, des juifs d'Israël vivant dans un tout petit village. 

" Un jour, il n'y a pas si longtemps, une petite fanfare de la police égyptienne vint en Israël. Elle était venue pour jouer lors de la cérémonie d'inauguration d'un centre culturel arabe. Seulement à cause de la bureaucratie, d'un manque de chance ou de tout autre concours de circonstance, personne ne vint les accueillir à l'aéroport. Ils tentèrent alors de se débrouiller seuls, pour finalement se retrouver au fin fond du désert israélien dans une petite ville oubliée du monde. Un groupe de musiciens perdu au beau milieu d'une ville perdue. Peu de gens s'en souviennent, cette histoire semblait sans importance..." [allociné]

Un récit sans importance, donc. Tout tient à très peu de choses: quelques paroles échangées dans un anglais bafouillant, des regards, des gestes. L'hospitalité.  Un très beau film sur les relations humaines, qui doit beaucoup aux acteurs, tous excellents.

 

427f7de15ee36746548f4d0ed1fe9ac3.jpg
5ad39f8cb06c3386654932273ccc38d0.jpg
 
095a238bf51ca878e91e76ee57b253f2.jpg

jeudi, 24 janvier 2008

Aldebert en concert

02254891f06d26af0263f32b6da514b3.jpg

6aa52db173f82d85e59d2348d8a55e18.jpg

Hier soir ce fut enfin la date qui était marquée sur mon billet de concert d'Aldebert reçu pour Noël.

Le concert commence, et là, c'est juste GENIAL. Ce mec à du charme, du talent et énormèment d'humour, il ressemble à un mélange d'amis, presque on dirait que c'est ton pote. Il fait que de raconter des blagounettes, il fait monter "Julie et David -le Raton" sur scène, il saute partout, même sur un trampoline, il fait semblant d'être Led Zeppelin avec une perruque... Et à la fin il revient torse nu avec un pantalon à paillettes multicolores et un boa orange, et ben même comme ça il a toujours la classe! Bref, ce concert c'était dla balle, et c'est passé beaucoup trop vite, comme toujours.

[ Ici, c'est son site officiel.]

Toutes les notes