Sélectionné au Festival de Cannes (d'où il est reparti absurdement bredouille), le film de Folman est un très beau et très bon "docu animé". Ari Folman y évoque ses propres souvenirs de la guerre du Liban, notamment les massacres de Sabra et Chatila en 1982. Le cinéaste est allé à la rencontre de témoins de cette époque pour faire parler leur mémoire, mettant en scène ces souvenirs sous forme de dessin animé. L'Israélien précise que cette histoire est sa propre histoire. Et que ce film lui a servi de thérapie. Durant les quatre années de tournage, il a dû se confronter aux zones d'ombre de sa mémoire liées à sa participation à la guerre.
Salué par la critique à Cannes
"Valse avec Bachir" a secoué la Croisette. Bien que le film soit reparti de Cannes sans récompense (alors qu'il était pressenti favori), les critiques ont été bonnes. "C'est une entreprise très étonnante, formellement très audacieuse", notait Emmanuel Burdeau, le rédacteur en chef des "Cahiers du cinéma". "Humain, profond, sensible", relevait de son côté le monsieur cinéma de la chaîne Canal+, Laurent Weil, "bouleversé" par "Valse avec Bachir". "Un film qui ne peut pas laisser indifférent", notait rue89.com, regrettant néanmoins une "certaine grandiloquence". Commmeaucinéma.com disait avoir aimé la force bouleversante des images.
Mon avis
Les images en effet sont fortes. J'ai apprécié l'esthétique surtout au début, moins à la fin, j'étais peut-être simplement lassée, mais j'ai eu aussi l'impression d'une simplification de la mise en scène progressivement. La première scène est stupéfiante, alors que plus on avance dans le film, plus les scènes se classifient - je pense surtout aux longues séquences d' "interviews", en plan fixe sur fond dépouillé. Mais ça participe de l'ambivalence du film, qui mêle habilement l'impression de réalité aux incursions fantasmagoriques. Le choc revient tout à la fin, quand, alos que le spectateur s'est habitué aux images animées et à leur distance, le réalisateur impose les vraies images des massacres, plongeant ainsi le spectateur choqué dans la réalité totale de l'horreur. Le projet est très audacieux, et j'ai aimé le genre biscornu du film: un dessin animé pour une histoire vécue, un documentaire. Quant au sujet, je le connais mal, mais il est toujours intéressant d'essayer de mieux comprendre les conflits, ce qui pousse les hommes à commettre les crimes les plus atroces, et les cicatrices que cela laisse en eux. Ari Folman a vécu ce film comme une thérapie: s'il est une idée qui me tient à coeur, c'est celle qui affirme que l'art est catharsis. "Valse avec Bachir" en est le manifeste.
Et pour en savoir plus...
Le site du film est
là ! Il y a notamment une interview d'Ari Folman qui permet de mieux comprendre ce qu'est ce film.
Commentaires
Le docu-fiction, c'est toujours ambivalent. J'aimerais bien connaître la position de l'auteur par rapport à ce film.
En tout cas, tu m'as donné envie d'aller voir "Valse avec Bachir".
Bonnes festivités estivales !
Ecrit par : Aïn | mercredi, 02 juillet 2008
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