jeudi, 31 janvier 2008

"Reviens moi", de Joe Wright

 

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Je sais, je sais. Je parle beaucoup de cinéma ces derniers temps. Mais quand on aime, on ne compte pas, n'est-ce pas? (N'empêche, je déteste les dictons tout fait comme ça, même si c'est bien pratique de les citer à tout va.) Et puis, vous n'avez pas fini d'entendre parler des films que je vois: j'ai eu un abonnement cinéma pour mon anniversaire! Héhé!

Bref, je suis allée voir "Reviens moi" mardi soir. Je ne savais pas vraiment de quoi il était question, juste que le titre original était mille fois plus intéressant: "Atonement", ou expiation, en français. Je savais que c'était tiré d'un roman de Ian MacEwan, qu'il y avait Keira Knightley, que ça parlait d'amour et de trahison, de guerre et de mort. 

" Août 1935. Malgré la canicule qui frappe l'Angleterre, la famille Tallis mène une vie insouciante à l'abri dans sa gigantesque demeure victorienne. La jeune Briony a trouvé sa vocation, elle sera romancière. Mais quand du haut de ses treize ans, elle surprend sa soeur aînée Cecilia dans les bras de Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve face aux désirs des adultes va provoquer une tragédie et marquer à jamais le destin du jeune homme." [allociné]

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 En réalité, ça parle surtout d'une petite fille qui vit un peu trop dans son monde imaginaire, qui interprète mal ce qui l'entoure parce qu'elle a une imagination "fantasque" comme l'explique sa soeur, dont la vie sera détruite par sa faute. Une petite fille qui rêve de devenir écrivain, qui enjolive ou empire son monde si ennuyeux. Alors, quand elle intercepte une lettre transmise par erreur, puis quand elle découvre sa grande soeur, qu'elle croyait détester cordialement Robbie, fils de domestique, dans les bras de celui-ci, elle voit ce dernier à travers ses yeux d'enfant, comme quelqu'un qui veut du mal à sa soeur Cécilia. Après le viol de sa cousine, elle accuse logiquement Robbie de l'avoir fait, car pour elle, ce ne peut être que lui. Ce qui vaudra à Robbie plusieurs années de prison, puis l'enrôlement obligatoire dans l'armée pendant la Seconde Guerre mondiale...Reverra-t-il Cécilia? "Reviens moi..."

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Tout ça à cause d'une petite fille pas tout à fait ordinaire, une rêveuse, une menteuse, une enjoliveuse. Qui essayera tant bien que mal de vivre avec cette faute commise par ennui, de la corriger toute sa vie...

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A vrai dire, je ne m'attendais pas à ça en allant voir ce film. D'où une légère déception en sortant. Je m'attendais à un récit classique d'amour un peu mélo sur fond de guerre et de tragédie familiale. En réalité, le film est biscornu, avec des retours en arrière très fréquents, des images saccadées, une musique stressante. Tout sauf classique.

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Et après réflexion, j'ai plutôt bien aimé. Les images sont très belles, romantiques ou sombres, lumineuses ou tragiques. Et je me suis un peu reconnue, moi, dans cette petite fille imaginative, qui fait une énorme bêtise qu'elle regrettera toute sa vie, simplement parce qu'elle lit trop, et qu'elle cherche à défendre sa grande soeur.  Conclusion, c'est plutôt un bon film, avec une fin assez surprenante ( j'ai failli la dévoiler, je me suis reprise : si vous voulez savoir, faudra aller voir le film!)

mardi, 29 janvier 2008

Persépolis

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Ce film, c'est le seul que j'ai vu dans le cadre du festival Télérama cette année. Ce film, c'est le seul que je voulais voir. (Bon, ok, à part les Chansons d'amour, déjà vu, mais qui ne passait pas dans ma ville, pfff, quels nazes).

"Téhéran 1978 : Marjane, huit ans, songe à l'avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les évènements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Chah.
Avec l'instauration de la République islamique débute le temps des "commissaires de la révolution" qui contrôlent tenues et comportements. Marjane qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire.
Bientôt, la guerre contre l'Irak entraîne bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère.
Dans un contexte de plus en plus pénible, sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l'envoyer en Autriche pour la protéger.
A Vienne, Marjane vit à quatorze ans sa deuxième révolution : l'adolescence, la liberté, les vertiges de l'amour mais aussi l'exil, la solitude et la différence." [allociné]

Rien qu'un mot: bouleversant.  

J'ai ri, j'ai pleuré, je me suis identifiée, j'ai réfléchi, j'ai été émue, j'ai été touchée, je me suis engagée, esclaffée, j'ai eu des sourires de connivence, mais aussi des larmes d'injustice. J'ai tout simplement adoré.Il y avait bien longtemps que je n'avais pas vu quelque chose d'aussi génial (au sens propre). Drôle, tendre, émouvant, mais dur, politique, engagé et cruel. Le juste équilibre. Les traits parfaits des dessins, la difficulté maîtrisée du noir et blanc, les caractères des personnages, la justesse de l'histoire, la drôlerie des détails, l'optimisme malgré tout, la vérité universelle de la jeunesse, le regard tendre sur soi et donc sur les autres, le message d'espérance, la philosophie de fidélité, bref, tout est juste parfait.

Si vous ne l'avez pas encore vu, faites-le. Même ma mère, qui a failli ne pas venir parce qu'elle "n'aime pas les dessins animés", a dit: "Cest une grande oeuvre. Surtout la grand-mère.

Site officiel

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lundi, 28 janvier 2008

La Visite de la Fanfare

 

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J'ai enfin vu ce film. Heureusement pour moi, il est resté si longtemps à l'affiche -ce qui est vraiment rare dans mon tout petit cinéma- que j'ai réussi à trouver l'occasion d'aller le voir.  Comme souvent, j'étais seule dans la salle, j'adore ça, jpeux m'étaler !

J'avais vu les bandes-annonces, lu les critiques, vu la remise de prix au festival du film européen de Berlin... Et je n'ai pas été déçue!  Quand le film s'est fini, je me suis même dit : " Déjà? C'était super court!" puis j'ai regardé ma montre et vu qu'il était tout de même minuit. En fait, ce film donne l'impression de durer très peu de temps du fait que le récit ne s'étend que sur une nuit: celle qu'une fanfare égyptienne va être obligée de passer dans un petit village paumé en Israël, après s'être trompée de destination. Invitée pour jouer à l'inauguration d'un centre de la culture arabe en Israël, la fanfare doit non seulement affronter les différences de points de vue internes, mais aussi et surtout le fossé entre ses membres, des policiers égyptiens, et les gens qui les accueillent, des juifs d'Israël vivant dans un tout petit village. 

" Un jour, il n'y a pas si longtemps, une petite fanfare de la police égyptienne vint en Israël. Elle était venue pour jouer lors de la cérémonie d'inauguration d'un centre culturel arabe. Seulement à cause de la bureaucratie, d'un manque de chance ou de tout autre concours de circonstance, personne ne vint les accueillir à l'aéroport. Ils tentèrent alors de se débrouiller seuls, pour finalement se retrouver au fin fond du désert israélien dans une petite ville oubliée du monde. Un groupe de musiciens perdu au beau milieu d'une ville perdue. Peu de gens s'en souviennent, cette histoire semblait sans importance..." [allociné]

Un récit sans importance, donc. Tout tient à très peu de choses: quelques paroles échangées dans un anglais bafouillant, des regards, des gestes. L'hospitalité.  Un très beau film sur les relations humaines, qui doit beaucoup aux acteurs, tous excellents.

 

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vendredi, 25 janvier 2008

Et ma vie professionnelle dans tout ça?

 

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Ben oui quoi, ça fait bien longtemps que je n'ai pas parlé de journalisme, de projets professionnels, de mes ambitions, de ce que je fais de mes journées, tout ça qui pourtant me préoccupe quand même pas mal. Après tout, c'était quand même la mission première de ce blog. 

Déjà, ça y est, je prépare sérieusement -si si- les concours de journalisme. Même si je reste vraiment sceptique quant à les obtenir, j'ai décidé de mettre au moins toutes les chances de mon côté, parce que sinon ce serait vraiment trop bête : tant d'argent et de temps gaspillés...Quand même, une année entière mise entre parenthèse pour ces concours, autant m'y mettre à fond pour les avoir! Je me dis ça tout les matins -bon ok, 10h30 c'est déjà le milieu de la matinée - en me levant, pour me motiver à ne pas glander, café en main, devant la télé, ou alors, il faut que ce soit LCI ou EuroNews. Donc, je me suis inscrite à la préparation Internet de l'Ecole Sup de Journalisme de Lille -la meilleure école, si je l'ai je fais une fête du tonnerre et vous êtes tous invités! Et puis je bosse à fond l'actu, parce que l'année dernière c'est surtout ça qui n'allait pas dans mes notes des concours. Je suis à fond au courant de ce qu'il se passe, autant en sport (du football jusqu'au patinage artistique, je m'étonne moi-même) qu'en économie ou en culture, et vous savez quoi? J'adore ça. Au moins, maintenant, quand il y a un débat, je sais de quoi je parle - contrairement à la plupart des gens (ça marche comme pour Proust, l'actu : personne ne l'a lu en entier, mais tout le monde fait semblant de connaître sur le bout des doigts). Tout les jours, je lis la presse -qu'est ce que j'aime cette expression désuette!- je fais des fiches des infos du jour avant d'en faire un bilan par semaine, des fiches aussi pour les personnalités à connaître, des fiches encore par pays (géographie, économie, histoire, actu...) Bref beaucoup de fiches, mais ça marche: je retiens seulement quand j'écris quelque chose, je suis visuelle, il me faut des stylos multicolores pour travailler, que voulez-vous. Et puis j'écoute beaucoup la radio - dès que j'ai un moment de libre- et j'essaie de regarder des émissions intéressantes à la télé, mais c'est plus dur à trouver. 

Bon à la base je pensais pas faire un article aussi détaillé sur ma vie actuelle, je pense pas que ça intéresse grand-monde, mais finalement c'est pas mal pour moi: on peut voir ça comme un bilan le jour de mes 22 ans.

En ce qui concerne la rédaction d'articles pour le magazine Initiatives Afrique, je n'avais pas de nouvelles depuis avant Noël, plus d'un mois donc. Pourtant j'avais envoyé mon article à temps, je le trouvais pas si mal etc. Je comprenais pas trop donc. En plus, je les avais contacté plusieurs fois, autant mon chef Monsieur P.O, que le service compta pour établir un contrat de pigiste. Et aujourd'hui, après plus d'un mois sans un seul mot de leur part donc, je reçois un mail -qui n'est pas adressé qu'à moi- pour annoncer le bilan et les réformes engagées à la rédaction du magazine. Ils s'excusent pour tout les problèmes qu'il y a pu avoir et tout ça...Bon, dans tout ça, j'espère bien être payée pour mes deux articles, et pouvoir continuer à bosser pour eux! 

A part ça, je fais du baby-sitting, moi qui ai toujours dit que j'aimais pas les gamins... Oui mais là c'est pas pareil, c'est pour rendre service! Ah ah. Donc voilà, pour le moment je n'ai été que deux fois, les enfants (une fille de presque 8 ans, et un garçon de 6 ans) sont...bruyants, on va dire. J'ai pas de problème avec la petite fille, elle est plutôt calme, elle fait pas de bêtise et je n'ai pas à la gronder. Le petit garçon j'ai plus de mal -je connais pas, les petits garçons, moi, j'ai pas de frère! Il est très très fatiguant, il court partout, il saute, il veut tout le temps se battre, il rigole quand on lui parle sérieusement... Mais bon, j'arrive quand même à les intéresser et à jouer avec eux (il a 6 ans, et il joue à danser la tectonik! My God!). Et puis ce n'est qu'une heure à chaque fois, donc ça va. 

Et puis, aujourd'hui justement, j'ai reçu un appel d'une agence de cours particuliers où je me suis inscrite, pour me dire qu'il avait un élève intéressé par des cours de français tout près de chez moi. Même si ça me fait un peu peur -je ne me sens plus tellement capable de faire ça...Quand j'étais en prépa, ok, c'était quotidien chez moi, l'analyse de texte et les disserts, mais maintenant...presque deux ans que je ne le fais plus! - ça m'intéresse quand même, tout simplement parce que j'aime le français et la littérature, j'aime aussi savoir que je peux aider des gens, et puis je pourrais gagner un peu d'argent! Parce que ce n'est pas mes 5 euros de baby-sitting qui vont renflouer mes caisses, hein. En plus, je suis toujours autant dépensière. 

Et sinon, l'humeur du jour : j'ai hâte d'être ce soir parce que je fête mon anniversaire avec mes amis !

Bonne journée.  

Aujourd'hui j'ai 22 ans.

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jeudi, 24 janvier 2008

Aldebert en concert

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Hier soir ce fut enfin la date qui était marquée sur mon billet de concert d'Aldebert reçu pour Noël.

Le concert commence, et là, c'est juste GENIAL. Ce mec à du charme, du talent et énormèment d'humour, il ressemble à un mélange d'amis, presque on dirait que c'est ton pote. Il fait que de raconter des blagounettes, il fait monter "Julie et David -le Raton" sur scène, il saute partout, même sur un trampoline, il fait semblant d'être Led Zeppelin avec une perruque... Et à la fin il revient torse nu avec un pantalon à paillettes multicolores et un boa orange, et ben même comme ça il a toujours la classe! Bref, ce concert c'était dla balle, et c'est passé beaucoup trop vite, comme toujours.

[ Ici, c'est son site officiel.]

mercredi, 23 janvier 2008

Heath Ledger

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Je viens d'apprendre que Heath Ledger, acteur australien, est mort hier à 28 ans suite à un abus de médicaments. Cette nouvelle m'a fait un vrai choc.

Heath Ledger, ce fut mon premier acteur favori, mon premier fantasme d'ado, celui dont les photos ornait les murs de ma chambre et les pages de mon agenda quand j'étais au collège. Peu se souviennent sans doute de ce film, "Chevaliers", où il avait le premier rôle.

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Ce film m'a marqué, ç'a été mon premier coup de coeur d'ado. J'avais été le voir avec ma ptite bande l'époque, 4 filles, 4 garçons, les garçons ont aimé le côté parodie et histoire de chevaliers, les filles ont aimé les yeux noisettes, les fosettes et les cheveux blonds emmêlés de Heath Ledger. Je me souviens qu'on trouvait son nom absolument imprononçable, mais qu'on l'avait retenu quand même. Après ce film et pendant de longues années, Heath Ledger était la dernière vision que j'avais avant de m'endormir, puisque des photos de lui trônaient au dessus de mon lit. J'ai encore les photos, mais dans un tiroir.

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Puis vint " Le secret de Brockeback Mountain". J'ai tellement aimé ce film que j'en ai parlé longuement ici. Heath Ledger n'était plus le jeune premier de "Chevaliers", il avait mûri, et été près à accepter des rôles aussi complexes que celui de ce cow-boy homosexuel qui refusera la vérité toute sa vie, malgré son désespoir. Un rôle vraiment pas facile, dans lequel Heath Ledger excelle. Jamais je n'aurais pensé que celui qui pour moi n'était pas grand chose de plus qu'une belle gueule à afficher dans sa chambre était aussi un acteur d'un grand talent.

Alors voilà, la nouvelle de sa mort réveille en moi beaucoup de souvenirs de ma propre vie, depuis ma première découverte de Heath Ledger et les photos de lui que je cherchais sur Internet pour les coller sur les murs de ma chambre, jusqu'à il n'y a que quelques années, lorsque j'ai vu "Brockeback Mountain" pour la première fois au cinéma, avec une amie, sans nos petits copains respectifs de l'époque qui préféraient rester à l'appart plutôt que de voir un mélo d'amour entre cow-boys homo...et qui nous ont vu revenir bouleversées.

Je n'ai pas fini de voir et revoir "Brockeback Mountain", et d'en être bouleversée... 

lundi, 21 janvier 2008

Une journée sous la neige

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[Nouvelle - 22 janvier 2007]

* à écouter en lisant*

Ce matin, la neige avait tout inondé. Chaque tuile de chaque toit, chaque trottoir, chaque lampadaire jauni et jusqu'à chacune des branches des arbres rachitiques en dégoulinait.  La ville ne faisait plus aucun bruit, ce qui était assez rare pour être remarqué, surtout en semaine où les ronronnements des moteurs s'entendaient constamment. Oh, la couche n'était pas épaisse, elle ne tiendrait probablement pas la journée. Mais c'était la première neige de la saison, tardive cette année. Les enfants l'avaient guetté en vain pour Noël, toutefois ce cadeau-là n'avait pas été offert, et ils avaient dû ranger leur luge en désespoir de cause. Cependant voilà qu'elle était là, inattendue après la clémence de l'hiver, gelant les bourgeons trop précoces. C'était une neige citadine, urbaine, une pauvre neige grisâtre et déjà fondante sous le sel et les giclures sales des rares voitures de l'aube. C'aurait été tellement différent à la campagne, où alors le paysage entier aurait fait corps avec les flocons, et serait devenu une douce couverture vallonnée à perte de vue. Mais la ville engloutissait la neige comme elle engloutissait chaque chose, sans plus rien de naturel. Les quelques minutes, une heure, pas plus, de blancheur -certes maculée, mais pas encore usée - auraient bientôt disparues pour céder le pas à des journées de boue. Oui, la ville salissait tout, y compris les hommes, pensa P. à sa fenêtre. Elle était le lieu de tellement de bruits, de fumées, de méchancetés. P. se dit tout de même qu'elle avait une vision bien pessimiste des choses ce matin-là. Elle était elle-même étonnée de ses humeurs depuis quelques temps - bien qu'au fond elle sache pertinemment quelle en était la raison. Même en ville, la neige aurait du rester pour elle ces si petites étoiles blanches que lui avait montré son grand-père, quand elle habitait encore loin d'ici vers le Nord. La neige était alors quelque chose de si naturel. En réalité, elle s'aperçut que ce n'était pas la neige qui avait changé, mais sa façon de la percevoir. Désormais, en tant que citadine, la neige signifiait bouchons, glissades, problèmes et pantalons souillés. Elle regretta soudain la simplicité de sa vie d'avant. Cependant, ce n'était plus le moment de baîller aux corneilles, en chemise de nuit devant la fenêtre glaciale. P. referma le battant en grelottant. Depuis combien de temps regardait-elle tomber la neige? Décidemment, ces derniers temps, elle n'était plus elle-même. Elle se dirigea vers la salle de bains, mit de l'eau sur le gaz au passage, et se réchauffa sous une douche brûlante. Elle effaça d'une main la buée sur le miroir, croisant au passage son regard - celui d'une étrangère, pensa-t-elle. Parmi les gouttelettes qui renaissaient déjà, elle se contemplait en vain. Qui suis-je? semblait demander ce reflet.  P. , à force de se regarder trop longtemps au fond des yeux, eut le vertige de ne pas se reconnaître. Que suis-je devenue? Suis-je encore moi?. Elle détourna vivement la tête, prit une serviette et se frotta vigoureusement les cheveux. D'un geste sec, elle se redressa, noua la serviette sur sa tête et sortit, sans un regard de plus pour le miroir. Elle arrêta le gaz et se prépara un café fumant avec l'eau désormais brûlante. Elle alluma une cigarette d'un paquet traînant sur la table - sale habitude de citadine, se dit-elle. Il faudrait qu'elle pense à arrêter. Surtout maintenant. Pensive, P.  tourna de nouveau les yeux vers sa fenêtre, lumineuse de tant de blanc alentours. Quelques instants après, elle se retrouvait dans la rue, emmitouflée dans son écharpe. Elle ferma la porte avec difficulté - manier ses clés avec des moufles, quelle idée. Encore une fois, elle n'avait pas manger avant de partir, pourtant elle savait que ce n'était pas recommandé. Elle n'avait pas de nausée, mais elle n'avait pas faim, elle qui pourtant dévorait comme un véritable loup - mais ça, c'était avant. Qu'est ce qui m'arrive?  P. s'intima l'ordre de ne plus laisser libre cours à ses pensées, elles étaient décidemment trop envahissantes ces derniers temps.  Elle glissa sur la neige fondante, maladroite dans son gros manteau vert. Prudente déjà, elle eut peur de ne pas pouvoir se rattraper, agrippa du bout des doigts un lampadaire et se redressa lentement. Ouf. Peut-être que finalement elle ne s'en fichait pas complètement, de se faire du mal - mais était-ce vraiment pour elle qu'elle faisait attention? Cahin-caha, elle continua son chemin, contournant les tas de neige sur les trottoirs, poussés là par quelque pelle matinale. Complètement transie, P. finit par arriver à son travail, en retard à force de précautions pour ne pas tomber. "Salut !" s'exclama joyeusement son amie et collègue M. en faisant claquer une bise sur chacune de ses joues gelées. "Oh la la tu es glacée ! Viens donc prendre un café, il faut ab-so-lu-ment que je te raconte mon week end!" déversa-t-elle en tirant P. vers la machine à café. Comme d'habitude, M. était débordante d'energie. C'est ça que j'admire chez elle, pensa P. en son for intérieur. Même si, en des jours comme celui-ci, elle avait bien du mal à suivre le flot de paroles de son amie. C'était comme si en elle-même il y avait un flux tiède de pensées, indépendantes de son esprit, qui allait et venait dans sa tête sans qu'elle puisse l'en empêcher. Elle se laissait porter par le courant, un peu perdue de toutes ces interrogations nouvelles, qu'elle avait jusqu'alors complètement ignorée. Pourtant, tant d'autres ont dû passer par là avant moi, comment ai-je pu ne jamais en entendre parler? se demanda P. Tant d'autres femmes ont connues cet état nouveau qui fait que l'on est plus jamais celle que l'on connaissait. Pourquoi n'en ai-je jamais rien su? "Dis, tu m'écoutes ou quoi?" la coupa M. "Oui, oui, désolée, je suis un peu mal réveillée aujourd'hui", s'excusa P. "C'est la neige qui te met dans un état pareil? T'as l'air toute bizarre!" . P. passa sa journée de travail à ressasser ces paroles. Etait-ce la neige? Elle savait bien que non. Surtout que comme prévu, celle-ci avait fondu, ne laissant derrière elle que des déceptions enfantines et des gouttières dégoulinantes. Elle sentait bien que cet état d'agitation intérieure n'avait rien à voir avec la neige, bien qu'elle aimât particulièrement ces journées d'hiver blanc qui lui rappelait ses origines. Quelques flocons clairsemés continaient de tomber, et fondaient en touchant le sol, ne vivant fugacement que dans l'espace si provisoire qui s'étend entre ciel et terre. P. les regardait en pensant à de minuscules étoiles. Des étoiles filantes, qui n'existaient que pour mieux mourir, traversant et illuminant l'espace de leurs millions de branches étiolées. Je ne suis plus moi-même - plus seulement moi-même. Elle pensait à tout ce que cela allait impliquer de changements dans sa vie. En suis-je vraiment capable? Seule? P. pianotait distraitement sur son clavier, perdue dans ses lointaines pensées. Au dehors, le silence assourdi de ce matin n'était plus qu'un souvenir, déjà la ville avait repris le dessus sur la nature. Le bruit des voitures traversait les vitres de son bureau. P. pensa à son village, si loin au Nord. Et si j'y retournais? Et si c'était là-bas que je devais aller? Dans la rue, un crissement de pneus la fit sursauter. P. se leva de sa chaise, faisant les cent pas dans son minuscule bureau. Ces pensées en suractivité l'empêchait de rester tranquillement assise, sans cesse elle ressentait le besoin de se lever. Elle ouvrit la fenêtre, respira l'air froid. Toutefois, elle la referma bien vite. L'air sentait le gaz d'échappement. P. eut l'impression de n'être plus qu'une de ces particules de puanteurs, elle aussi dominée, engloutie par la ville dont elle avait pourtant tant rêvé. Elle reçut comme une déflagration en plein visage, mais c'était loin d'être dû à l'air glacé. Par un subi détachement de son corps et de son esprit, P. se vit, là debout, si minuscule et inexistante à la fenêtre de ce bureau, simple rectangle lumineux parmi les nombreuses ouvertures d'un immeuble au milieu des milles et un gratte-ciel qui hérissaient la ville de toute part. Sensation de vertige. C'est décidé. Je rentre. P. se sentit soulagée d'avoir pris une décision. Même si ce n'était rien qu'un début, elle savait pertinemment au fond d'elle ce que ça signifiait. Abandonner la ville, ce boulot, cet appart. Retrouver ses racines, son coin de terre, la sombre forêt à perte de vue.

Garder le bébé. Je l'appellerai Estelle. Comme une petite étoile de neige. Dehors, les flocons tombaient toujours, se détachant sur le ciel sombre de la nuit hivernale.

samedi, 19 janvier 2008

I love swedish girl style

L'année dernière, quand je me préparais à partir vivre 6 mois à Oslo, je ne connaissais rien de rien aux pays nordiques. Depuis, j'ai appris plein de choses, et ces pays m'attirent de plus en plus. Mon obsession du moment c'est d'aller passer quelques temps à Stockholm, franchement, ça vous fait pas rêver, ça ? :

 

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Non seulement la beauté des paysages, mais aussi la mentalité et le style de vie, tout là-bas me plaît. Et puis, sur la blogosphère féminine, on parle évidemment beaucoup d'H&M et du style des filles du Nord. Au début sceptique, je me suis laissée apprivoiser:

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Le style des filles de "Those Dancing Days"
 
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Y'a pas à dire, elles sont plutôt douées, les jeunettes scandinaves... : il suffit de regarder les blogs de mode scandinaves... (voir ici , ici, ici, ici et , et encore , et il en existe encore tant...!)

 Tout ça est joli, marrant, portable par de jolies blondinettes de 15 ans...mais par moi? Telle est la question...La mode, ce n'est pas du copié-coller, faut aussi savoir l'adapter à sa personnalité et sa morphologie...et malheureusement je ne ressemble pas vraiment à une adolescente suédoise.

jeudi, 17 janvier 2008

Le premier JT du web

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Comme on le sait, les médias sont en pleine mutation. Depuis une semaine, le premier JT du web a été crée et mis en ligne.

Extrait de leur page d'accueil :

" Qu'est ce que Le JT du Web de 18h35 ? C'est tous les jeudi un JT participatif, alternatif, gratuit, citoyen, politique (rayez les mentions inutiles).
Comment participer ? Envoyez-nous vos liens, vos reportages, vos interviews et autres contributions ou critiques à : contact@six35.fr
Qui est à l'origine du JT du Web ? Nicolas Voisin, blogueur et fondateur du PoliTIC'Show, en partenariat avec David Reguer, Pierre Abruzzini et Franz Vasseur. Entre autres.
Qui présente le JT ? Magali Lacroze, étudiante en journalisme à l'ISFJ de Paris.
"

Alors, rendez-vous ce soir, ICI.  

Est-ce l'avenir du journalisme? Je pense que oui, mais en partie seulement. De toutes parts il se crée de nouveaux moyens de communication et d'information. Mais d'autre part, l'ancienne forme de journalisme reste présente. A mon avis, l'avenir du journalisme se trouve aussi bien dans les uns que dans l'autre. D'une certaine façon, je crois qu'il est nécessaire de garder une sorte de journalisme "ancien", "officiel", et un journalisme novateur, plus proche des gens, moins guindé, plus participatif. Il faut les deux pour que ça soit complet. Reste à savoir entrecouper les deux sources d'infos... 

J'aimerais faire un vrai article et une vraie réflexion sur ce sujet plutôt que de jeter quelques idées à la va-vite, mais j'ai vraiment pas le temps. Une prochaine fois...! 

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